Publié le 10 décembre 2025 à 20h36. Le procureur de la ville d’Annapolis, dans le Maryland, a démissionné suite à des accusations selon lesquelles son bureau aurait utilisé de l’intelligence artificielle (IA) pour rédiger des documents juridiques contenant de fausses références et des citations inexistantes. Cette affaire intervient alors que l’utilisation de l’IA dans le domaine juridique suscite de vives inquiétudes quant à la fiabilité des informations.
- Le procureur de la ville d’Annapolis, D. Michael Lyles, a quitté ses fonctions le lendemain de l’annonce des accusations.
- Les plaignants dans une affaire de logement public affirment que la ville a utilisé des « citations fantômes » et des références juridiques incorrectes.
- L’affaire met en lumière les risques liés à l’utilisation de l’IA dans le domaine juridique, notamment le risque d’« hallucinations » et de fausses informations.
La démission de D. Michael Lyles, en poste depuis six ans, a été annoncée mercredi par le maire nouvellement élu, Jared Littman. Kerry Berger, procureure adjointe de la ville, assurera l’intérim. Selon un communiqué de presse, Littman a déclaré :
« Mike a servi la communauté d’Annapolis avec intégrité et professionnalisme. Nous sommes reconnaissants pour ses années de service public et les conseils juridiques qu’il a fournis. »
Jared Littman, maire d’Annapolis
Les accusations portent sur un recours collectif fédéral concernant le logement public. Les plaignants allèguent que la ville a cité au moins un cas inexistant, utilisé des références d’autres affaires de manière fallacieuse et déformé le sens de principes juridiques pour étayer ses arguments. Une requête déposée le 26 novembre par la ville, et signée par Lyles et la procureure adjointe Jessica Corace, est au centre des controverses. Les plaignants soutiennent que cette requête contenait des citations fabriquées et des erreurs manifestes, suggérant qu’elle aurait été générée par une IA sujette à des « hallucinations ».
Les plaignants, représentés par les avocats P. Joseph Donahue, Peter Holland d’Annapolis et Scott Borison de Baltimore, ont souligné dans leur requête que l’utilisation de fausses citations par la ville remet en question la validité même de sa demande. Ils n’ont pas immédiatement répondu aux sollicitations des médias. La ville n’a pas non plus présenté de réponse formelle devant le tribunal.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations croissantes concernant l’utilisation de l’IA dans le domaine juridique. En mai, l’Association du Barreau de l’État du Maryland a publié des recommandations éthiques soulignant l’importance de la vérification des faits lors de l’utilisation de l’IA. Des incidents similaires ont déjà été signalés, notamment en octobre dernier, lorsque la Cour d’appel du Maryland a renvoyé un avocat à la commission de discipline pour avoir cité de faux cas et omis de vérifier ses sources. En juillet, un juge fédéral de l’Alabama a également réprimandé deux avocats pour des faits similaires.
Mitchelle Stephenson, porte-parole de Littman, a indiqué que le maire avait choisi de nommer de nouveaux responsables juridiques dans le cadre de son nouveau mandat, sans commenter directement les allégations de fausses citations. Littman avait d’ailleurs exprimé son souhait de trouver une solution à l’affaire lors d’un forum de candidats plus tôt cette année, selon le journal The Baltimore Banner.
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