Le procureur général de la Malaisie a suspendu le 6 novembre 2026 le transfert de l’ancien premier ministre Najib Razak vers son domicile pour y accomplir une assignation à résidence, quelques heures après qu’un tribunal eut validé sa libération de prison, selon Straitstimes.
L’Organisation nationale des Malays unis (UMNO) venait de verser une amende de 50 millions de ringgit. Cette somme représente environ 12 millions de dollars.
Elle a été récoltée grâce à une campagne de financement participatif. Cette somme constituait la condition imposée par le roi Sultan Ibrahim pour commuer la fin de sa peine dans le cadre d’un pardon royal accordé en septembre. L’ancien dirigeant, incarcéré depuis 2022 pour son implication dans le scandale du fonds souverain 1Malaysia Development Berhad (1MDB), devait purger le reste de sa condamnation de six ans chez lui, dans le quartier huppé de Langgak Duta à Kuala Lumpur.
L’affaire SRC International Sdn Bhd avait conduit à sa condamnation. Il avait alors écopé d’une peine de prison et d’une amende pour corruption et détournement de fonds.
La peine avait été réduite de moitié à six ans en 2024 sous le règne du roi d’alors, le sultan Abdullah Ahmad Shah, qui présidait le Conseil des grâces.

Le parquet analyse le dossier
L’administration souhaite déterminer si le paiement de l’amende signifie que la peine d’emprisonnement dans l’affaire SRC International se poursuit jusqu’à son terme ou si elle est considérée comme achevée.
Selon le premier scénario, le versement de la somme ne règle que le volet financier, l’assignation à résidence n’étant qu’une modalité d’exécution de la peine restante jusqu’au 23 août 2028. Selon le second, le pardon prendrait effet dans sa totalité, considérant l’ensemble de la peine comme purgée.
Cette distinction s’avère déterminante. Un autre dossier lié au scandale 1MDB s’est soldu en décembre 2025 par une condamnation distincte à 15 ans de prison.
Il y a aussi une amende de 11,4 milliards de ringgit. L’exécution doit normalement prendre effet à l’issue de la première peine selon une décision de justice que Najib conteste en appel.

La défense conteste la décision
L’équipe juridique de Najib, dirigée par Muhammad Shafee Abdullah, a vivement contesté cette décision en dénonçant un abus de pouvoir exécutif.
Les avocats ont affirmé que le procureur général siège au Conseil des grâces en vertu de l’article 42 de la Constitution fédérale. Il n’avait soulevé aucun problème d’interprétation au cours des sept semaines écoulées depuis l’annonce.
Dans un communiqué, le cabinet Messrs Shafee & Co a rappelé que la résidence de l’ancien premier ministre avait été officiellement gazetée comme prison en vertu de la loi sur les prisons de 1995. Le cabinet a exhorté le commissaire général des prisons à exécuter la libération sans délai, tout en demandant au procureur de retirer sa déclaration ou de saisir la justice.
Toutes les conditions fixées par Sa Majesté ont été remplies, et il n’y a aucune raison légale pour que notre client reste à Penjara Kajang une seule minute de plus.
Tan Sri Muhammad Shafee Abdullah, avocat principal de la défense
Du côté de l’UMNO, la direction du parti a également exigé des explications de la part des autorités judiciaires par la voix de son secrétaire général Asyraf Wajdi Dusuki et de sa cheffe de l’information, Azalina Othman Said.

Le parti a confirmé avoir achevé le versement des 50 millions de ringgit à la Haute Cour de Kuala Lumpur et a souligné que le décret royal et l’ordonnance judiciaire devaient être respectés en vertu de la Constitution.
Tensions dans la coalition
Ce feuilleton judiciaire fragilise l’alliance au pouvoir dirigée par le premier ministre Anwar Ibrahim, dont l’alliance Pakatan Harapan s’est opposée au pardon conditionnel accordé à Najib.
Dès que Najib mettra les pieds chez lui, c’est là que je démissionnerai.
Anthony Loke, ministre des Transports et dirigeant du DAP
Cette prise de position reflète l’opposition du DAP à cette mesure. Le parti estime qu’accorder une assignation à résidence à une personnalité impliquée dans un tel scandale économique envoie un message inadapté aux jeunes générations.