Publié le 29 septembre 2025 à 19h27. L’organisatrice d’un cours de danse à Southport, où trois jeunes filles ont été assassinées, a témoigné devant l’enquête publique, estimant que plusieurs organismes auraient pu empêcher la tragédie et que le verrouillage de la porte n’aurait rien changé. Profondément marquée par l’événement, elle appelle à une meilleure préparation et à un soutien accru pour les éducateurs.
- Leanne Lucas, l’instructrice de danse, estime que plusieurs organisations auraient pu intervenir avant la tragédie.
- Elle affirme avoir suivi toutes les procédures de sécurité en vigueur et n’avoir pu anticiper l’attaque.
- L’enquête a révélé l’absence d’exigences concernant les portes verrouillées ou les systèmes de contrôle d’accès vidéo.
Leanne Lucas, 36 ans, qui a subi de graves blessures lors de l’attaque du 29 juillet dernier, a déclaré qu’elle n’aurait jamais organisé cet atelier si elle avait su qu’il existait un risque pour les enfants. Elle a souligné l’importance d’une meilleure sensibilisation et d’une formation adéquate pour les professionnels de l’éducation afin de leur permettre de prendre des décisions éclairées en matière de sécurité.
Bien qu’elle fût initialement prévue pour témoigner en personne, l’audience à l’hôtel de ville de Liverpool a été informée qu’elle n’était « pas apte à témoigner ». Dans une déclaration écrite, Mme Lucas a révélé qu’elle n’avait pas repris son activité d’enseignante de primaire depuis la tragédie, expliquant que l’attaque avait eu un « impact énorme » sur son bien-être mental. Elle a également mentionné avoir été victime d’abus en ligne « implacables », chaque commentaire blessant ravivant la douleur.
L’enquête vise à déterminer si des mesures de sécurité supplémentaires auraient pu prévenir l’attaque. Il est apparu que les installations, situées dans un studio à l’étage de l’espace Hart, disposaient d’une porte commune déverrouillée donnant également accès à un cabinet d’expertise juridique. Les portes du studio étaient également déverrouillées pour permettre aux enfants d’accéder aux toilettes et faciliter l’arrivée et le départ des parents.
Mme Lucas a expliqué qu’en cas de frappe à la porte, même si elle avait été verrouillée, elle l’aurait ouverte, supposant qu’il s’agissait d’un parent. Elle a précisé qu’elle était une enseignante expérimentée, qualifiée, connaissant les lieux et ayant effectué une évaluation des risques préalable.
Elle a également plaidé pour un financement gouvernemental afin de doter les petites structures communautaires de systèmes d’interphone et de caméras de surveillance. Elle a remis en question l’adéquation des « conseils et des ressources » disponibles pour l’organisation de ce type d’événement, affirmant qu’elle n’avait reçu aucune information sur la manière de réagir en cas d’attaque. Elle a conclu que, malgré le respect des directives en vigueur, celles-ci se sont avérées impuissantes face à l’imprévisible.
L’enquête a révélé qu’Axel Rudakubana, l’auteur de l’attaque, avait été exclu d’une école après avoir menacé un élève avec un couteau et un bâton de hockey, et avait été signalé à plusieurs reprises pour avoir consulté des contenus violents en ligne. Mme Lucas a estimé que cette situation aurait dû être prise en charge et empêchée par les différents organismes et services chargés de la sécurité publique, regrettant qu’ils l’aient « laissée tomber ».
Nicholas Moss KC, représentant l’enquête, a lu une déclaration de Mme Lucas dans laquelle elle affirmait qu’elle n’aurait jamais organisé le cours si elle avait su que l’agresseur avait l’intention de tuer des enfants.
« Si j’avais prévu, même comme une possibilité, qu’il puisse faire une telle chose, je n’aurais tout simplement pas organisé cet atelier. »
Leanne Lucas, organisatrice du cours de danse
Les victimes de l’attaque sont Alice Aguiar, 9 ans, Bebe King, 6 ans, et Elsie Dot Stancombe, 7 ans. L’agresseur a été condamné à une peine de prison minimale de 52 ans.
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Mme Lucas a suggéré la création d’une base de données des prestataires d’activités, permettant aux autorités d’être informées de la date, de l’heure et du lieu de chaque événement, afin de pouvoir intervenir en cas d’urgence.
L’enquête se poursuit mardi.
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