Publié le 16 décembre 2025 à 15h03. Une étude récente démontre que le dispositif britannique de chômage partiel mis en place pendant la pandémie de Covid-19 a eu un impact positif significatif sur la santé mentale des travailleurs, évitant potentiellement une crise majeure.
- Le programme de maintien de l’emploi a protégé la santé mentale de 11 millions de personnes.
- Les personnes ayant bénéficié du chômage partiel ont présenté une amélioration de leur bien-être psychologique équivalente à la différence de santé mentale entre les hauts et bas revenus au Royaume-Uni.
- Le retour au travail après une période de chômage partiel a également été associé à une meilleure santé mentale et à une réduction du sentiment de solitude.
Des chercheurs de l’Université de Strathclyde ont analysé les données issues de l’étude “Understanding Society” pour évaluer l’impact du dispositif de chômage partiel sur la santé mentale des individus pendant la pandémie. Ils ont utilisé le General Health Questionnaire (GHQ), un outil standardisé pour dépister les troubles mentaux courants et mesurer le bien-être psychologique.
Leurs conclusions, publiées dans la revue Fiscal Studies, révèlent que le fait d’être placé en congé a amélioré la santé mentale de 1,2 point GHQ par rapport aux personnes employées qui ont perdu leur emploi pendant la crise. Cette différence est comparable à l’écart de score GHQ observé entre les individus issus de milieux socio-économiques différents au Royaume-Uni.
L’étude n’a pas non plus mis en évidence de différence significative en termes de santé et de bien-être entre les personnes au chômage et celles qui ont continué à travailler pendant la pandémie. De plus, la transition vers le retour au travail après une période de chômage partiel s’est avérée bénéfique, avec une amélioration notable de la santé mentale et une diminution du sentiment d’isolement.
Le dispositif de chômage partiel, qui a permis aux employeurs de conserver leur personnel en couvrant jusqu’à 80 % de leurs salaires entre le 1er mars 2020 et le 30 septembre 2021, a joué un rôle crucial dans la préservation de l’emploi. Sans cette politique gouvernementale, on estime que 4,4 millions d’emplois auraient pu être supprimés.
« Le chômage est une source de stress et peut avoir des conséquences négatives sur la santé mentale, notamment la dépression, l’anxiété et une baisse de l’estime de soi. »
Dr Chris Deeming, Département de travail social et de politique sociale de Strathclyde
Selon le Dr Chris Deeming, le coût total du programme britannique de maintien de l’emploi s’est élevé à 70 milliards de livres sterling. Bien que l’efficacité de cette intervention économique soit actuellement examinée dans le cadre de l’enquête britannique sur le COVID-19, cette recherche démontre qu’en l’absence du dispositif de chômage partiel, le Royaume-Uni aurait pu être confronté à une crise majeure de santé mentale au sein de sa population active.
Plus d’informations
Christopher Deeming et al, Évaluation de l’impact du programme britannique de maintien dans l’emploi sur la santé mentale et le bien-être à l’aide de différences appariées, Études fiscales (2025). DOI : 10.1111/1475-5890.70010
Citation: Le programme britannique de chômage partiel a permis d’éviter une crise majeure de santé mentale pour des millions de personnes (2025, 16 décembre) récupéré le 16 décembre 2025 sur https://medicalxpress.com/news/2025-12-uk-coronavirus-furlough-scheme-averted.html
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