Les marchés financiers pourraient bien connaître un rebond de fin d’année, un phénomène saisonnier connu sous le nom de « rallye du Père Noël ». Historiquement, cette période, qui s’étend sur les cinq derniers jours de bourse de l’année et les deux premiers de l’année suivante, est propice aux gains, mais les investisseurs restent prudents face aux incertitudes économiques persistantes.
Depuis 1950, l’indice S&P 500 a affiché un rendement moyen de 1,3 % durant cette période spécifique, avec des résultats positifs dans 78 % des cas. Ce chiffre contraste avec un rendement moyen de 0,3 % sur n’importe quelle période de sept jours, et un taux de succès de 58 %. Ces tendances saisonnières, identifiées pour la première fois en 1972 par Yale Hirsch, créateur du Stock Trader’s Almanac, ne sont toutefois pas une garantie de performance future.
Les deux dernières années ont vu le rallye du Père Noël afficher des résultats négatifs, rappelant aux investisseurs que les performances passées ne préjugent en rien des résultats futurs. Les fondamentaux économiques, tels que les bénéfices des entreprises, les politiques monétaires et budgétaires, et la conjoncture économique générale, jouent un rôle crucial.
À l’heure actuelle, le contexte technique reste favorable. La récente reprise a permis à l’indice S&P 500 de franchir ses moyennes mobiles sur 20 et 50 jours. Un seuil de 6 901 points représente désormais une résistance majeure. Si cet obstacle est franchi, un objectif technique d’environ 7 270 points pourrait être envisagé.
L’appétit pour le risque semble également se réveiller, avec une rotation des investissements vers des secteurs plus sensibles à la conjoncture économique, comme la finance, l’industrie et les matériaux. Ces secteurs montrent une dynamique interne positive, avec un nombre croissant d’entreprises atteignant des sommets sur quatre semaines, après une préférence pour les valeurs défensives en novembre.
Yale Hirsch avait souligné un lien entre la performance du rallye du Père Noël et les résultats de janvier, ainsi que l’évolution de l’année suivante. Il avait formulé l’adage suivant : « Si le Père Noël ne parvient pas à appeler, les ours pourraient venir à Broad and Wall. » Les données historiques confirment cette observation : lorsque le rallye est positif, le S&P 500 enregistre en moyenne un gain de 1,4 % en janvier et un rendement annuel de 10,4 %. En cas de performance négative, ces chiffres chutent respectivement à -0,1 % et 6,1 %.
Cependant, des risques persistent. L’attention se porte sur l’intelligence artificielle, dont les attentes en matière de bénéfices et de dépenses sont élevées. Des craintes inflationnistes pourraient également refaire surface, compromettant les perspectives de baisse des taux d’intérêt. Enfin, une faiblesse persistante du marché du travail pourrait accroître l’incertitude économique. De plus, les rendements des bons du Trésor à 10 ans évoluent près d’un seuil de résistance clé à 4,20 %. Un dépassement de ce niveau pourrait les pousser vers 4,50 %, atténuant ainsi le récent rebond des marchés actions.
Malgré ces incertitudes, la dynamique actuelle suggère une configuration favorable pour un rallye du Père Noël positif, un signal historiquement haussier pour les mois de janvier et au-delà. Une clôture au-dessus du plus haut de décembre pour le S&P 500 pourrait ouvrir la voie à une progression au-delà des 7 000 points.