Publié le 21 novembre 2024 à 09h35. L’ancien membre du groupe Fugees, Pras Michel, a été condamné à 14 ans de prison pour son rôle dans un vaste complot visant à influencer la politique américaine au profit d’intérêts étrangers. Cette sentence, bien que moins sévère que les recommandations initiales, marque un tournant dans une affaire de corruption et de financement illégal de campagnes.
- Pras Michel a été reconnu coupable de corruption, de violations du financement de campagne et de subornation de témoins.
- Il a été condamné à 14 ans de prison par la juge Colleen Kollar-Kotelly à Washington DC.
- L’affaire implique des sommes considérables, plus de 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros), provenant d’un milliardaire malaisien.
La justice américaine a infligé une peine de 14 ans de prison à Prakazrel “Pras” Michel, 53 ans, pour son implication dans un réseau complexe d’influence politique clandestine. L’ancien musicien, connu pour son succès avec le groupe Fugees, avait été reconnu coupable en avril 2023 d’avoir agi comme agent non déclaré pour des puissances étrangères et d’avoir tenté d’influencer les élections américaines.
Les procureurs avaient initialement requis une peine d’emprisonnement à vie, soulignant la gravité des accusations portées contre Michel. Ils ont mis en évidence le fait qu’il avait “trahi son pays pour de l’argent” et avait “cherché à exploiter et à tromper” diverses entités gouvernementales, y compris la Maison Blanche et le FBI, pendant près d’une décennie. Selon l’accusation, Michel a menti de manière “sans vergogne et sans relâche” pour mener à bien ses opérations.
L’enquête a révélé que Michel avait reçu plus de 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) du milliardaire malaisien Jho Low, impliqué dans le scandale de détournement de fonds du fonds souverain 1MDB. Ces fonds auraient été utilisés pour influencer la politique américaine à travers deux campagnes distinctes. Michel a également été reconnu coupable d’avoir fait du lobbying au nom du gouvernement chinois.
L’affaire a attiré l’attention du public en raison de la participation de personnalités influentes au procès, notamment l’acteur hollywoodien Leonardo DiCaprio et l’ancien procureur général américain Jeff Sessions. Le témoignage de ces figures clés a contribué à éclairer les ramifications de l’affaire.
Jho Low, l’homme d’affaires à l’origine des fonds versés à Michel, est accusé d’avoir détourné environ 4 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d’euros) du fonds souverain malaisien 1MDB. En juin 2024, le ministère de la Justice américain est parvenu à un accord avec Low pour restituer plus de 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) détournés.
Michel avait notamment tenté de faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle abandonne son enquête sur le rôle de Jho Low dans le scandale 1MDB. Son avocat, Peter Zeidenberg, a déclaré que la sentence était “totalement disproportionnée par rapport au délit” et qu’il ferait appel. Il a également souligné que d’autres coaccusés dans l’affaire avaient reçu des peines beaucoup plus légères, voire une grâce présidentielle.
Me Zeidenberg a également fait valoir que les poursuites pour violations de la loi sur l’enregistrement des agents étrangers (FARA) sont désormais moins fréquentes, sauf en cas d’espionnage, ce qui n’était pas le cas dans l’affaire Michel. Il a rappelé qu’un récent mémorandum du ministère de la Justice limite la portée de FARA aux cas de conduite assimilable à de l’espionnage traditionnel.
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