La flambée des prix du diesel inquiète les marchés mondiaux de l’énergie, exacerbée par les nouvelles sanctions américaines contre la Russie et des prévisions météorologiques annonçant un hiver particulièrement rigoureux. Cette tension sur l’offre pourrait entraîner des pénuries et des coûts plus élevés pour les consommateurs.
Les prix du diesel ont connu une augmentation spectaculaire, atteignant leur plus haut niveau depuis près de 20 mois. Le NYMEX ULSD de décembre a grimpé de 15,41 cents pour se fixer à 2,7011 $ le gallon (environ 2,40 € le litre), tandis que le RBOB de décembre a progressé de 92 points pour atteindre 1,9993 $ le gallon (environ 1,77 € le litre).
Cette hausse est directement liée aux nouvelles sanctions américaines visant les géants pétroliers russes, qui obligent les entreprises à cesser leurs transactions d’ici le 21 novembre. Selon l’American Petroleum Institute, les stocks de brut américains ont augmenté d’environ 4,45 millions de barils la semaine dernière, mais les stocks de Cushing, Oklahoma, ont chuté de 800 000 barils. Les distillats, essentiels à la production de diesel, n’ont connu qu’une augmentation modeste de 600 000 barils, un signal d’alerte pour l’approvisionnement.
L’écart entre le crack diesel et le WTI (West Texas Intermediate), une référence pour le pétrole brut, s’est élargi à 52,71 $ le baril, son niveau le plus élevé depuis septembre de l’année dernière. Cette situation illustre la forte demande et la pression sur les marges de raffinage du diesel.
Par ailleurs, le sénateur Lindsey Graham prévoit de déposer un projet de loi autorisant le président Donald Trump à imposer des sanctions secondaires aux pays qui continuent d’acheter de l’énergie russe. « Cette législation vise à donner au président Trump une plus grande flexibilité et une plus grande autorité pour faire pression sur Poutine en faveur de la paix en ciblant à la fois Poutine et les pays qui le soutiennent, comme l’Iran », a-t-il déclaré.
Le Venezuela, qui exporte actuellement environ 700 000 barils de brut lourd par jour, principalement vers les raffineries américaines de la côte du Golfe, est également au centre des préoccupations. Bien que les réserves mondiales de pétrole brut soient actuellement suffisantes, elles sont principalement constituées de pétrole léger et moyennement corrosif. Or, le diesel lourd est nécessaire pour maximiser la production de diesel, créant ainsi une situation paradoxale où le diesel signale des pénuries tandis que le brut léger affiche un excédent.
La météo pourrait également jouer un rôle crucial. Les prévisions de Fox Weather évoquent des températures record dans certaines régions des États-Unis, mais mettent surtout en garde contre une possible vague de froid arctique début décembre, qui pourrait être le mois le plus froid depuis des années. Les prix du gaz naturel ont légèrement augmenté, reflétant les anticipations d’un temps plus froid. EBW Analytics souligne que, bien que les niveaux de stockage soient actuellement confortables, la probabilité d’un hiver rigoureux augmente, avec des cartes de prévision qui indiquent un refroidissement significatif dans les 11 à 15 prochains jours.
Selon EBW Analytics, le marché présente un potentiel de hausse des prix, compte tenu de la position actuelle, proche du bas de la courbe, et d’un profil risque/récompense favorable. Un hiver plus froid que prévu pourrait rapidement réduire les excédents de stockage et inciter le marché à anticiper une demande accrue, entraînant ainsi une nouvelle augmentation des prix du NYMEX.
À ne pas manquer
