Pékin affiche un regain d’activité économique en fin d’année 2025, avec une reprise de ses secteurs manufacturier et des services. Cette amélioration, confirmée par les indices PMI, suggère que les mesures de soutien gouvernementales et le calendrier budgétaire contribuent à atténuer les risques de ralentissement.
L’indice officiel des directeurs d’achats (PMI) a franchi le seuil de 50 en décembre, atteignant 50,1 contre 49,2 le mois précédent. Il s’agit de la plus forte hausse de la confiance dans l’industrie manufacturière depuis le milieu de l’année. Le secteur des services a également connu un rebond, avec un indice passant de 49,5 à 50,2, après une contraction en novembre. La construction a profité de conditions météorologiques clémentes dans le sud du pays, permettant le respect des délais des projets.
Cependant, les investisseurs restent prudents. Ce signal est davantage interprété comme une sensibilité de l’activité économique aux impulsions politiques et aux facteurs saisonniers qu’une reprise durable. L’activité de construction a été favorisée par un temps exceptionnellement doux dans les régions méridionales, permettant aux chantiers de progresser et stimulant mécaniquement l’ensemble de l’activité. La performance du secteur des services est principalement due aux télécommunications, à la radiodiffusion et aux activités liées aux marchés financiers, des domaines étroitement liés aux orientations politiques et aux conditions financières.
En contraste, la vente au détail et la restauration restent en contraction, indiquant que la consommation intérieure peine à se redresser malgré les efforts de relance. Ce profil de reprise contrasté explique pourquoi les marchés financiers ont perçu cette amélioration comme une stabilisation plutôt qu’un véritable tournant.
Les données issues du secteur privé confirment cette tendance. L’indice PMI manufacturier général de S&P Global RatingDog est passé de 49,9 en novembre à 50,1 en décembre, signalant une légère expansion tirée par une augmentation des nouvelles commandes. Néanmoins, les nouvelles commandes à l’exportation continuent de diminuer, reflétant les difficultés commerciales persistantes et une demande extérieure limitée. Il s’agit de la quatrième amélioration des conditions manufacturières au cours des cinq derniers mois, ce qui suggère une dynamique légèrement positive, mais fragile.
Du point de vue des investissements, ce rebond du PMI en décembre réduit le risque d’une détérioration à court terme de la situation économique chinoise. Toutefois, Capital Economics estime que cette amélioration est probablement temporaire et liée aux fluctuations mensuelles des dépenses publiques plutôt qu’à une accélération autonome. Cette analyse est corroborée par la combinaison de facteurs qui ont contribué à cette reprise : conditions climatiques favorables, exécution budgétaire et services liés aux politiques publiques, tandis que la consommation privée et les exportations n’ont pas affiché de performance comparable.
À l’avenir, les investisseurs surveilleront de près si l’amélioration des indices PMI se traduit par des données concrètes sur les investissements en immobilisations et l’activité des services au début de 2026. Le scénario le plus probable reste une reprise modérée, soutenue par les politiques gouvernementales, qui maintiendrait l’activité autour des niveaux d’expansion sans pour autant entraîner une forte accélération. Le principal risque réside dans un affaiblissement de la dynamique budgétaire ou une reprise des pressions extérieures, qui pourraient faire replonger les indices PMI sous le seuil de 50, révélant ainsi la fragilité de la croissance sous-jacente. Les données de décembre indiquent donc une stabilisation tactique plutôt qu’une réinitialisation structurelle, une nuance que les marchés ne devraient pas ignorer.