Publié le 3 janvier 2026 22:28:00. L’avenir de la carte de crédit Apple est incertain alors que Goldman Sachs cherche à se désengager d’un partenariat qui s’avère coûteux, JPMorgan Chase se positionnant comme principal repreneur potentiel.
- Goldman Sachs subit des pertes importantes liées à la carte Apple, totalisant plus de 6 milliards de dollars en produits de consommation.
- JPMorgan Chase est actuellement considéré comme le principal candidat pour reprendre le partenariat avec Apple.
- Le taux élevé de clients à risque de la carte Apple constitue un obstacle majeur à la reprise du partenariat.
Le partenariat entre Apple et Goldman Sachs pour la carte Apple Card, lancé il y a plus de six ans, connaît des difficultés croissantes. Goldman Sachs, initialement enthousiaste à l’idée de s’implanter sur le marché des cartes de crédit grand public grâce à ce partenariat, cherche désormais à s’en défaire, confrontée à des pertes financières considérables.
Selon des informations récentes, JPMorgan Chase est en pole position pour reprendre le flambeau. Des discussions sont en cours, mais l’accord n’est pas encore conclu. D’autres institutions financières, telles qu’American Express, Capital One et Synchrony, auraient également manifesté leur intérêt, mais leur reprise du partenariat semble moins probable pour l’instant. Stephen Squeri, PDG d’American Express, avait déjà exprimé des réserves en 2023, soulignant l’importance de la valeur ajoutée pour les deux marques et de la rentabilité d’un tel partenariat :
« Parce que c’est pour cela que vous souhaitez un partenariat de co-marquage, c’est aussi pour la distribution. Et est-ce que cela ajoute de la valeur aux deux marques ? Et crée-t-il des économies de premier ordre ? Ainsi, lorsque nous évaluons les partenariats, c’est l’objectif que nous utilisons. »
Stephen Squeri, PDG d’American Express
Les pertes de Goldman Sachs liées à la carte Apple Card s’élèvent à au moins 1 milliard de dollars, et les pertes totales de la division produits de consommation de la banque atteignent 6 milliards de dollars. Cette situation s’explique en partie par les conditions avantageuses offertes aux détenteurs de la carte, notamment l’absence de frais de transaction à l’étranger, de frais de retard ou de frais pour retour de paiement, ainsi qu’un taux de remise en argent allant jusqu’à 3 % sur les achats effectués chez les partenaires et un financement à taux zéro pour les produits Apple.

Un autre défi majeur pour la reprise du partenariat réside dans le profil de risque des clients de la carte Apple. Le taux de délinquance de la carte, qui s’élève à environ 4 %, est supérieur à la moyenne du secteur (3,05 %). De plus, 34 % des détenteurs de la carte sont considérés comme des clients « subprime » (c’est-à-dire ayant une cote de crédit inférieure à 660), contre environ 15 % pour Chase et 31 % pour Capital One, une banque connue pour ses pratiques de prêt plus risquées.
Pour qu’un accord soit conclu, un nouveau prêteur devra probablement acquérir le portefeuille de la carte Apple à un prix considérablement réduit. Les soldes impayés sur les cartes Apple Card s’élèvent actuellement à plus de 20 milliards de dollars.
Parallèlement à la question de la carte de crédit, il convient de noter l’existence du compte d’épargne Apple Card, également géré par Goldman Sachs. Bien que lié à la carte, le compte d’épargne fonctionne de manière relativement indépendante. Les détenteurs de la carte peuvent choisir de verser leur remise en argent sur ce compte, mais il n’existe pas de lien intrinsèque entre les deux produits.
Goldman Sachs continue par ailleurs de proposer son produit d’épargne Marcus, malgré un ralentissement du marché du crédit à la consommation. Il est donc possible que la banque maintienne son offre de comptes d’épargne même si elle cède son activité de cartes de crédit.

En conclusion, la fin du partenariat entre Apple et Goldman Sachs pour la carte Apple Card semble de plus en plus probable en 2026. Si un rachat a lieu, il est possible que la carte subisse des modifications, notamment l’introduction de frais de retard et une réduction des avantages offerts aux détenteurs.
Capital One pourrait également se positionner comme un concurrent sérieux si JPMorgan Chase échoue à conclure un accord, fort de son acquisition récente de Discover et de sa capacité à fonctionner à la fois comme émetteur de cartes et comme réseau de paiement.
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