Malgré des inquiétudes persistantes, le risque de récession aux États-Unis semble s’éloigner à l’approche de la fin de l’année, selon les derniers indicateurs économiques. Si le marché du travail montre quelques signes de faiblesse, la croissance économique reste globalement robuste.
Les estimations initiales pour le troisième trimestre sont encourageantes. Le modèle de la Réserve fédérale d’Atlanta prévoit désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 4,2 % pour cette période, une légère augmentation par rapport aux 3,8 % enregistrés au deuxième trimestre. Même en tenant compte d’estimations plus prudentes, l’économie américaine n’aurait connu qu’un ralentissement modéré entre juillet et septembre.
Les données pour octobre et novembre confirment cette tendance. L’indice économique hebdomadaire (IEH) de la Fed de Dallas, basé sur des données jusqu’au 15 novembre, suggère une croissance du PIB sur quatre trimestres de 2,3 %, en légère hausse par rapport aux 2,1 % du deuxième trimestre. Bien que la tendance de l’IEH se soit légèrement affaiblie, le risque de récession reste contenu selon cet indicateur.
Un autre signal positif provient de l’indice de production, qui mesure l’activité économique américaine. Il révèle une accélération de la croissance pour un deuxième mois consécutif en novembre, tant dans le secteur manufacturier que dans les services.
« La reprise semble généralisée et encourageante pour l’instant, avec une production en hausse à la fois dans le secteur manufacturier et dans la vaste économie des services », a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence. « Une nette amélioration de la confiance des entreprises quant aux perspectives pour l’année à venir s’ajoute à ces bonnes nouvelles. »
Cependant, certains analystes restent prudents. Neil Dutta, responsable de l’économie chez Renaissance Macro Research, met en garde contre des « dangers cachés » sous la surface de l’économie américaine. Il souligne que le marché du travail pourrait constituer une source de risque.
« Même si l’économie semble aller bien en surface » pour le moment, « de sérieux dangers se cachent sous la surface de notre économie, et il est préférable de les identifier clairement plutôt que de les ignorer au profit de mesures globales plus larges », explique-t-il.
Selon Revelio Labs, la masse salariale s’est contractée en octobre, avec une perte moyenne de 2 500 emplois par semaine, bien que ce rythme de suppressions d’emplois ait ralenti en novembre.
Les nouvelles demandes d’allocations chômage, un indicateur avancé du marché du travail, offrent un tableau plus nuancé. Elles ont diminué de 8 000 pour atteindre 220 000 (chiffres désaisonnalisés) pour la semaine se terminant le 15 novembre, un niveau historiquement bas qui ne signale pas encore de risque élevé de récession.
L’évolution du marché du travail reste donc la clé pour évaluer les perspectives économiques à court terme. Bien que les données actuelles ne confirment pas les prévisions les plus pessimistes, la situation pourrait évoluer rapidement. Les prochains chiffres gouvernementaux apporteront des éclaircissements sur les aspects essentiels de l’économie américaine. À ce stade, il est prématuré d’affirmer qu’une récession a commencé ou est imminente.
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