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Le risque de sepsis a doublé dans le diabète de type 2

by Sophie Martin

Publié le 19 janvier 2026. Une vaste étude australienne révèle que les personnes atteintes de diabète de type 2 présentent un risque accru de septicémie, une complication potentiellement mortelle, particulièrement chez les jeunes adultes et les hommes.

  • Le diabète de type 2 double le risque de développer une septicémie.
  • Ce risque est considérablement amplifié chez les personnes âgées de 41 à 50 ans, avec une augmentation de 14,5 fois.
  • Le tabagisme, une glycémie élevée et certaines complications liées au diabète sont des facteurs de risque indépendants.

Les personnes diabétiques de type 2 sont significativement plus susceptibles de développer une septicémie, une réaction inflammatoire extrême à une infection qui peut entraîner une défaillance d’organes et même la mort. C’est la conclusion d’une étude menée sur une large population australienne, publiée récemment et présentée à l’EASD2025.

L’étude, dirigée par le professeur Wendy A. Davis de l’Université d’Australie occidentale à Fremantle, a suivi 1 430 adultes atteints de diabète de type 2 vivant dans une ville multiethnique de 157 000 habitants. Pour chaque patient diabétique, l’équipe de recherche a sélectionné quatre personnes non diabétiques, appariées en fonction de l’âge, du sexe et du code postal, constituant un groupe témoin de 5 720 individus. L’âge moyen des participants était de 66 ans, et 52 % étaient des hommes.

Pendant une période de suivi d’environ dix ans, jusqu’à fin 2021, les chercheurs ont analysé les données de santé pour identifier les premiers cas de septicémie diagnostiquée, les nouveaux diagnostics de diabète (dans le groupe témoin), ou les décès. Les résultats ont révélé que 2,0 % des participants atteints de diabète de type 2 avaient déjà été touchés par une septicémie au début de l’étude, contre seulement 0,8 % dans le groupe témoin. Au cours du suivi, 11,8 % des patients diabétiques ont développé une septicémie, comparativement à 5,0 % dans le groupe témoin. Après ajustement statistique pour tenir compte de divers facteurs, l’étude a confirmé que le diabète de type 2 double le risque de septicémie.

L’augmentation du risque était particulièrement marquée chez les personnes âgées de 41 à 50 ans, où le risque de septicémie était multiplié par environ 14,5 en présence d’un diabète de type 2. Ce constat souligne que la septicémie ne constitue pas uniquement une menace pour les personnes âgées et souffrant de multiples pathologies, mais peut également affecter les adultes plus jeunes atteints de diabète.

L’étude a également identifié plusieurs facteurs de risque indépendants associés à une septicémie ultérieure chez les patients diabétiques : le tabagisme, le sexe masculin et l’origine autochtone australienne. Les participants autochtones présentaient un risque trois fois plus élevé, tandis que les fumeurs voyaient leur risque augmenter de 83 %. Parmi les facteurs modifiables, on notait une glycémie à jeun élevée, un traitement à l’insuline, et la présence de complications liées au diabète telles que la polyneuropathie symétrique distale et les maladies cérébrovasculaires. Une fréquence cardiaque au repos élevée et des niveaux élevés du marqueur d’insuffisance cardiaque NT-proBNP étaient également associés à un risque accru.

Selon les auteurs, plusieurs mécanismes pourraient expliquer ce lien. Une glycémie élevée et prolongée peut altérer le fonctionnement du système immunitaire, rendant les individus plus vulnérables aux infections. De plus, les personnes atteintes de diabète de type 2 sont plus susceptibles de développer certaines infections, telles que les infections urinaires, les infections des voies respiratoires supérieures et les pneumonies, qui peuvent plus facilement évoluer vers une septicémie. Les lésions vasculaires et les neuropathies associées au diabète peuvent également aggraver le pronostic.

Il est important de noter que cette étude est observationnelle et ne peut donc pas prouver une relation de cause à effet. D’autres facteurs non mesurés pourraient avoir influencé les résultats. De plus, les participants à l’étude pourraient être globalement en meilleure santé que la population générale.

Davis WA et al., EASD2025Résumé 1193

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