Publié le 28 novembre 2025 05:24:00. Le rover Perseverance de la NASA a détecté pour la première fois des décharges électriques dans l’atmosphère de Mars, ouvrant de nouvelles perspectives sur le climat de la planète rouge et les risques potentiels pour les futures missions.
- Le rover Perseverance a enregistré des « mini-éclairs » associés aux tourbillons de poussière martiens.
- Ces décharges pourraient influencer la chimie atmosphérique, le climat et l’habitabilité de Mars.
- Elles représentent un risque potentiel pour les équipements électroniques et les futurs astronautes.
Des décharges électriques, décrites comme de petites étincelles, ont été capturées par l’instrument SuperCam du rover Perseverance alors qu’il explorait le cratère Jezero depuis 2021. Ces phénomènes, qui se manifestent par des arcs de quelques centimètres accompagnés d’ondes de choc sonores, sont principalement liés aux « diables de poussière » et aux fronts de tempête, des éléments courants de l’environnement martien.
« Ce que nous avons observé est le résultat d’instruments exceptionnellement sensibles qui observent sur une longue période de temps », explique Ralph Lorenz, co-auteur de l’étude. Les chercheurs ont analysé 28 heures d’enregistrements sur deux années martiennes, identifiant 55 décharges.
Selon Baptiste Chide, auteur principal de l’étude publiée dans la revue Nature, cette découverte a des « implications directes sur la chimie atmosphérique, le climat, l’habitabilité et l’avenir de l’exploration robotique et humaine sur Mars ». Il précise :
« Je les appellerais des “mini-rayons”. Le frottement entre de minuscules grains de poussière génère des accumulations électriques qui se libèrent sous forme d’arcs de quelques centimètres, accompagnés d’ondes de choc sonores. »
Baptiste Chide, planétologue à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie en France
Ce phénomène, appelé triboélectricité, est comparable à l’électricité statique que l’on peut ressentir sur Terre. Franck Montmessin, un autre signataire de l’étude, illustre :
« Pensez à une journée ensoleillée et sèche lorsque vous marchez sur un tapis ou une surface en caoutchouc et que vous approchez votre main d’une poignée de porte. »
Franck Montmessin
L’activité électrique dans l’atmosphère martienne était suspectée depuis des années, mais n’avait jamais été confirmée. La faible densité de l’atmosphère martienne facilite l’apparition de ces étincelles, nécessitant des charges électriques moindres que sur Terre. L’atmosphère de Mars, riche en poussière, sèche et turbulente, s’avère particulièrement propice à ce type d’électrification.
Avec cette découverte, Mars rejoint la Terre, Saturne et Jupiter parmi les planètes présentant une activité électrique documentée. D’autres corps célestes, tels que Vénus, Uranus ou Titan, la lune de Saturne, pourraient également connaître des phénomènes similaires.
Au-delà de l’intérêt scientifique, ces décharges électriques pourraient représenter un danger pour les futures missions martiennes. Baptiste Chide souligne qu’elles pourraient influencer le transport de poussières, un processus clé du climat martien, et qu’elles constituent un risque pour les équipements électroniques des robots et, potentiellement, pour les astronautes.
« Ces décharges électriques pourraient représenter un risque pour les équipements électroniques des missions robotiques actuelles, voire un danger pour les astronautes qui un jour exploreront la planète rouge. »
Baptiste Chide, planétologue à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie en France
Depuis 2021, le rover Perseverance a permis aux astronomes d’enregistrer les sons de Mars, du vent au bourdonnement de l’hélicoptère Ingenuity, et désormais, les décharges électrostatiques.
