Le Royaume-Uni se prépare à intensifier sa lutte contre le contournement des sanctions internationales en ciblant ce qu’il qualifie de « flotte fantôme » de navires utilisés par la Russie, l’Iran et le Venezuela. Londres pourrait prochainement déployer ses forces navales pour arraisonner et potentiellement saisir des navires soupçonnés de participer à ces pratiques illégales, notamment dans la Manche.
Selon la législation britannique de 2018 sur les sanctions et le blanchiment d’argent, initialement conçue pour appliquer les résolutions de l’ONU, le gouvernement dispose désormais du pouvoir de détenir tout navire entrant dans les eaux territoriales britanniques s’il est soupçonné de violer les sanctions. Cette loi, élargie pour inclure les violations des droits de l’homme, permet également d’empêcher l’accès à ces eaux. Il est important de noter que cette législation ne prévoit pas explicitement le recours à la force militaire, mais autorise la détention de « navires spécifiés », à l’exception des navires de guerre étrangers.
À ce stade, la date de lancement d’une éventuelle opération n’a pas été communiquée. Cependant, le Royaume-Uni a récemment collaboré avec les États-Unis pour la saisie du pétrolier « Marinera » en eaux internationales au nord-ouest de l’Écosse, une action que Moscou a fermement condamnée comme une violation du droit international. La Russie avait accordé au navire un permis de navigation temporaire.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de sanctions occidentales renforcées à l’encontre de la Russie depuis l’escalade du conflit en Ukraine en 2022, visant notamment son commerce pétrolier et cette « flotte fantôme ». Londres affirme avoir déjà imposé des restrictions à plus de 500 navires suspectés d’être impliqués dans ces pratiques. Un rapport du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA) publié en juin révèle que le Royaume-Uni a importé pour 3 milliards de livres sterling (4,04 milliards de dollars) de produits pétroliers raffinés à partir de pétrole russe entre 2022 et le deuxième trimestre 2025, générant ainsi 510 millions de livres sterling (687 millions de dollars) de revenus pour Moscou.