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Le Sri Lanka lutte à la suite du cyclone dévastateur

by Clara Dubois

Publié le 11 décembre 2025 20h34. Le Sri Lanka est confronté à une crise humanitaire majeure après le passage du cyclone Ditwah, qui a provoqué inondations et glissements de terrain dévastateurs. Les vulnérabilités sociales préexistantes ont aggravé l’impact de la catastrophe, mettant en lumière les lacunes dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence.

  • Le cyclone Ditwah a touché le Sri Lanka en novembre 2025, affectant environ 20 % du territoire et déclenchant près de 1 200 glissements de terrain.
  • Les communautés marginalisées, notamment la communauté tamoule Malaiyaha, sont particulièrement touchées, exacerbées par des inégalités socio-économiques et un accès limité aux services de base.
  • La société civile joue un rôle crucial dans l’aide d’urgence, mais est entravée par des réglementations gouvernementales restrictives.

Le Sri Lanka peine à se remettre des conséquences du cyclone Ditwah, qui a frappé le pays le mois dernier. Les inondations et les glissements de terrain ont causé des dégâts considérables aux habitations, aux infrastructures et aux récoltes, plongeant des millions de personnes dans une situation précaire. Selon les estimations des Nations Unies, près d’un cinquième du territoire sri lankais a été submergé, et environ 1 200 glissements de terrain ont été recensés à travers le pays.

Les experts en climat établissent un lien entre l’intensité accrue des tempêtes saisonnières, qui ont également frappé l’Indonésie, la Thaïlande et la Malaisie, et le réchauffement des eaux marines. Ils estiment que la hausse des températures pourrait avoir « suralimenté » ces phénomènes météorologiques extrêmes. Une étude de World Weather Attribution confirme cette tendance inquiétante.

Les districts de Puttalam, Mullaitivu, Batticaloa, Kilinochchi et Ampara sont parmi les plus touchés, avec une forte concentration de populations marginalisées. Ces communautés, déjà fragilisées par des revenus instables, un endettement élevé et un accès limité aux ressources, sont particulièrement vulnérables face aux catastrophes naturelles. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) souligne que la majorité des personnes affectées se trouvent dans cette situation de vulnérabilité multiple.

Un problème supplémentaire a été soulevé concernant la communication des alertes. Malgré le fait que le tamoul soit largement parlé dans les zones sinistrées, les avertissements officiels n’ont pas été diffusés dans cette langue à l’approche de la tempête, ce qui a potentiellement mis en danger des vies. Des critiques ont été formulées à l’encontre du gouvernement pour ce manque de communication inclusive.

Face à cette crise, la société civile sri lankaise s’est mobilisée pour fournir une aide d’urgence aux populations touchées. Cependant, son action est entravée par des réglementations gouvernementales de plus en plus restrictives, relevant du Ministère de la Sécurité Publique. Ces réglementations imposent des exigences de déclaration complexes et coûteuses, des sanctions sévères pour des erreurs administratives mineures et des obstacles à l’obtention de financements.

Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence, mais la Commission des droits de l’homme du Sri Lanka a exprimé son inquiétude quant aux dispositions draconiennes contenues dans les règlements d’urgence, qui rappellent ceux utilisés par les administrations précédentes et pourraient porter atteinte aux droits fondamentaux. La Commission a présenté des recommandations au président pour atténuer ces risques.

Bien que les autorités sri lankaises s’efforcent de fournir une assistance et une réhabilitation, il est crucial qu’elles reconnaissent l’impact disproportionné de la tempête sur les communautés vulnérables et qu’elles prennent des mesures concrètes pour y remédier. Il est également essentiel de soutenir et d’autonomiser les organisations de la société civile, plutôt que de les considérer avec suspicion, afin de garantir une réponse efficace et durable à cette crise.

De nombreux pays ont promis une aide humanitaire en réponse à l’appel du gouvernement sri lankais. Près de 70 pays se sont engagés à fournir une assistance, mais il est impératif que cette aide soit acheminée directement vers les communautés affectées et les organisations de la société civile qui les assistent.

Le bilan actuel de la catastrophe s’élève à plus de 120 décès, mais il est probable qu’il augmente à mesure que les opérations de recherche et de sauvetage progressent.

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