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Le transport fera ou brisera le nouveau plan climatique de l’Australie – et le temps s’épuise pour le réparer

Publié le 29 septembre 2025 à 11h31. L'Australie s'est fixée un objectif ambitieux de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 62 à 70 % d'ici 2035, mais la réussite de cette transition dépendra…

Le transport fera ou brisera le nouveau plan climatique de l’Australie – et le temps s’épuise pour le réparer

Publié le 29 septembre 2025 à 11h31. L’Australie s’est fixée un objectif ambitieux de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 62 à 70 % d’ici 2035, mais la réussite de cette transition dépendra crucialement de la transformation du secteur des transports, actuellement le troisième plus gros émetteur du pays.

  • L’Australie vise une réduction de ses émissions de 62 à 70 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2035.
  • Le secteur des transports est identifié comme un défi majeur, étant à la fois un contributeur important aux émissions et difficile à décarboner.
  • Le gouvernement australien mise sur l’électrification et les carburants propres, mais des doutes subsistent quant à l’efficacité de l’hydrogène et des technologies de captage du carbone.

Canberra a dévoilé début septembre un nouveau plan climatique, incluant un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 62 à 70 % en dessous des niveaux de 2005 d’ici 2035. Atteindre même le seuil inférieur de cet objectif impliquerait une division par deux des émissions en seulement dix ans, une ambition qui nécessite des changements profonds dans tous les secteurs de l’économie.

Le transport représente actuellement la troisième source d’émissions en Australie et connaît la croissance la plus rapide. Selon les experts, ce secteur est particulièrement difficile à décarboner, en raison des obstacles à l’électrification de l’expédition et de l’aviation. Si les tendances actuelles se maintiennent, le transport pourrait devenir le premier secteur émetteur du pays d’ici 2030, compromettant ainsi la réalisation des nouveaux objectifs climatiques.

Un homme en costume fait signe devant un panneau lisant «Climate Forward»
Sans une action rapide sur le secteur des transports, l’Australie risque de ne pas atteindre ses objectifs climatiques. Sur la photo : le Premier ministre Anthony Albanese lors du forum « Climate Forward » lors de sa visite aux États-Unis la semaine dernière.
Lukas Coch / AAP

Le plan climatique australien met l’accent sur plusieurs priorités, notamment l’électricité propre, l’électrification et l’efficacité énergétique, ainsi que le développement de carburants propres. Le plan spécifique pour le secteur des transports se concentre sur l’électrification des véhicules légers, le développement de l’infrastructure de recharge et la recherche de carburants à faible teneur en carbone pour les camions, les avions et les navires.

Selon une modélisation réalisée par l’Autorité du changement climatique, des changements majeurs sont nécessaires pour atteindre l’objectif de 2035. Dans le secteur des transports, il faudrait notamment que la moitié de tous les nouveaux véhicules légers vendus d’ici 2035 soient électriques.

Si ces changements sont techniquement réalisables, ils nécessitent des politiques beaucoup plus ambitieuses que celles actuellement en place. Le gouvernement australien mise notamment sur l’hydrogène pour le transport de marchandises, une stratégie jugée risquée par de nombreux experts. Des études montrent que les camions à hydrogène sont beaucoup moins efficaces que les camions électriques, avec une intensité d’émissions potentiellement deux à trois fois plus élevée par kilomètre parcouru. Analyse de l’efficacité relative de l’hydrogène et de l’électricité pour le transport de marchandises en Australie.

Une ligne de véhicules lourds
Miser sur l’hydrogène pour réduire les émissions du transport de marchandises est un pari incertain.
Dan Peled / Getty Images

Le gouvernement envisage également d’utiliser la technologie de captage et de stockage du carbone pour gérer les émissions « résiduelles ». Cependant, il n’est pas possible de capturer directement les émissions des véhicules. Les émissions du transport seraient compensées en capturant le carbone émis par d’autres sources, comme les usines industrielles. L’Australie a un bilan mitigé en matière de captage du carbone, avec des projets comme l’installation de Gorgon de Chevron qui n’ont pas atteint leurs objectifs. Des critiques internationales soulignent que cette technologie n’a pas encore prouvé son efficacité à grande échelle. Critiques internationales de la technologie de captage et de stockage du carbone.

Le gouvernement prévoit également de compenser les émissions résiduelles par des méthodes d’élimination du carbone, comme la plantation d’arbres. Cependant, la qualité des crédits carbone australiens est remise en question, et le stockage du carbone dans les plantes est de courte durée. Pour ces raisons, il est important de rester sceptique quant à l’utilisation de compensations pour équilibrer les émissions du transport.

Pour une décarbonation efficace du secteur des transports, il est essentiel de privilégier des stratégies éprouvées, telles que l’électrification, les énergies renouvelables et la refonte des villes. Des objectifs de vente clairs pour les véhicules électriques sont nécessaires pour encourager les investissements et rassurer les consommateurs. D’autres pays, comme le Royaume-Uni, ont déjà pris des mesures ambitieuses en la matière, avec l’interdiction de la vente de voitures à essence et diesel à partir de 2030. La Chine va encore plus loin, visant à ce que les véhicules électriques à batterie deviennent la norme d’ici 2035. Politique chinoise en faveur des véhicules électriques.

https://www.youtube.com/watch?v=SVHSYLXXGIS

La Chine dévoile le premier site de charge de véhicules électriques de 100 mégawatts au monde, capable d’alimenter les camions lourds.

Des normes d’efficacité énergétique plus strictes pour les véhicules, y compris les véhicules lourds, sont également nécessaires. L’aménagement urbain doit favoriser les transports en commun, la marche et le vélo, avec des investissements massifs dans ces modes de transport. Enfin, la mise en place d’une tarification à l’utilisation des routes, comme c’est le cas à Londres, pourrait réduire la pollution de l’air et encourager les usagers à opter pour des alternatives plus durables. Une telle tarification pourrait également générer des revenus pour financer les transports publics et l’infrastructure de recharge pour véhicules électriques. Modélisation de l’impact d’une tarification routière à Melbourne.

L’Australie a besoin de politiques de transport claires et contraignantes pour s’assurer que le secteur contribue à la réduction des émissions et que le pays atteigne ses objectifs de neutralité carbone d’ici 2050. Il est crucial d’éviter de se concentrer sur des solutions non éprouvées et de privilégier les stratégies qui ont fait leurs preuves : électrification, énergies renouvelables, aménagement urbain durable et changement des habitudes de déplacement. Chaque année de retard rend la tâche plus difficile. Avec seulement une décennie pour réduire de moitié les émissions, le temps presse.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.