Publié le 12 janvier 2024 à 09h38. Une nouvelle vague de libérations de prisonniers politiques a été annoncée au Venezuela, portant à 31 le nombre de personnes relâchées ces derniers jours, dans un contexte de tensions politiques et de négociations discrètes.
- Le Forum pénal vénézuélien a confirmé la libération de 24 nouveaux prisonniers politiques, s’ajoutant aux 7 déjà libérés précédemment.
- Parmi les libérés figurent des citoyens vénézuéliens et étrangers, dont deux ressortissants italiens.
- Ces libérations interviennent après la capture d’un ancien dictateur vénézuélien par les États-Unis lors d’une opération militaire sur le sol vénézuélien.
Le Forum pénal vénézuélien, une organisation de défense des droits de l’homme, a annoncé lundi la libération de 24 prisonniers politiques supplémentaires, détenus dans les centres pénitentiaires de La Crisálida et El Rodeo 1. Cette annonce porte à 31 le nombre total de personnes libérées ces derniers jours, selon l’organisation.
Neuf personnes ont été libérées du centre de détention de La Crisálida : Yuli Marcano Rojas, Beverly Polo, Deisy Hugles González, Raymar Nohély Pérez Alvarado, Rosa Carolina Chirinos Zambrano, Sonia Josefina González Jiménez (la mère de Deisy), Yerussa Cardoso Vega, Jhexica Isabel Aponte Figueroa et Yoli Becerra. Quinze autres personnes ont été relâchées de la prison El Rodeo 1, parmi lesquelles Gilberto Rafael Polo, Amilkar Manolo Herrera, Alan Nilson Correia Solorzano, Andrés Eloy Hugles, Helio Alexis Sánchez, Rafael Alberto Sánchez López, William Rafael Brito Brito, Renzo Alexandre Lara Reyes, Yosbel José Espinoza Salazar, Humberto José Prieto, Alexis Antonio Rivero Mendoza, José Luis Agrimon Alejandrina, Alberto Trentini (de nationalité italienne), Mario Burlo (également italien) et Place Alejandro González de Canales.
Selon le Forum pénal, au moins 803 personnes sont encore détenues au Venezuela pour des motifs politiques. Parmi les personnes libérées précédemment figuraient des citoyens espagnols, tels qu’Andrés Martínez Adasme, Ernesto Gorbé, José María Basoa, Miguel Moreno Dapéna et Rocio San Miguel (d’origine espagnole et vénézuélienne).
Ces libérations interviennent après une opération militaire américaine sur le sol vénézuélien qui a mené à la capture d’un ancien dictateur. Le régime vénézuélien, dirigé par Delcy Rodriguez, a annoncé la semaine dernière le début de la libération d’un nombre important de prisonniers politiques.
Des proches des détenus se sont rassemblés devant les principaux centres de détention du pays, attendant des nouvelles de leurs proches. Les libérations se déroulent progressivement et sans communication officielle des autorités.
Evelis Cano, mère d’un des détenus, a déclaré à l’agence EFE :
« Nous n’avons plus d’informations sur eux, nous n’avons plus d’espoir. Où sont les droits humains des Vénézuéliens ? Il n’y a pas de droits humains, nous avons été violés et ils sont emprisonnés et nous, les mères, sommes emprisonnées avec eux. Jusqu’à quand allons-nous continuer ainsi au Venezuela, tous emprisonnés ? »
Evelis Cano, mère d’un détenu
Elle a rapporté que les familles « dormaient dehors pendant des jours et des nuits » en attendant des nouvelles et dénoncé que « les prisons du Venezuela sont pleines d’innocents ». Elle a également évoqué le décès d’un policier, Edison José Torres Fernández, 52 ans, décédé d’un « accident vasculaire cérébral suivi d’un arrêt cardiaque », selon le procureur général Tarek William Saab.
Les autorités ont autorisé dimanche les visites aux prisonniers politiques de la prison El Rodeo I, permettant aux familles de retrouver leurs proches après plusieurs mois d’isolement. Des dizaines de personnes se sont rassemblées devant la prison dès le matin, espérant obtenir des nouvelles. Parmi les détenus se trouve le gendarme argentin Nahuel Gallo, dont le cas a suscité une attention internationale.
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