Publié le 23 décembre 2025 à 23h24. Les États-Unis et le Venezuela s’affrontent sur la scène internationale, Washington accusant Caracas de « narcoterrorisme » et menaçant d’une intervention militaire, tandis que le gouvernement vénézuélien dénonce une tentative d’extorsion pour s’emparer de ses vastes réserves pétrolières.
- Le Venezuela accuse les États-Unis d’exercer une « extorsion » sans précédent et de menacer d’une attaque armée.
- Washington justifie sa pression par la lutte contre le « narcoterrorisme » et la nécessité de protéger son hémisphère.
- La Russie et la Chine critiquent fermement les actions américaines, les qualifiant de « comportement de cowboy » et d’« intimidation ».
La tension monte entre les États-Unis et le Venezuela, après que Washington a intensifié ses accusations à l’encontre de Caracas, l’estimant responsable de financer des activités criminelles grâce à ses revenus pétroliers. Le représentant vénézuélien auprès des Nations unies, Samuel Moncada, a dénoncé mardi devant le Conseil de sécurité une « extorsion » de la part des États-Unis, qualifiant la situation de « la plus grande extorsion connue dans notre histoire ». Selon lui, Washington exige que les Vénézuéliens « quittent notre pays et le lui cèdent », sous peine d’une intervention militaire.
Le président américain Donald Trump accuse le Venezuela d’utiliser sa principale ressource, le pétrole, pour financer ce qu’il qualifie de « narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements ». Caracas rejette fermement ces allégations, affirmant que Washington cherche à renverser le président Nicolas Maduro afin de prendre le contrôle des plus importantes réserves pétrolières de la planète.
Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, demandée par le Venezuela avec le soutien de la Russie et de la Chine, l’ambassadeur américain Mike Waltz a défendu la politique de son pays, déclarant :
« Les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger notre hémisphère, nos frontières et le peuple américain. »
Mike Waltz, ambassadeur américain auprès de l’ONU
Il a réitéré les accusations de Donald Trump à l’encontre de Nicolas Maduro, le qualifiant de « fugitif recherché par la justice américaine et de chef de l’organisation terroriste étrangère, le “Cartel de los Soles” ».
L’existence du « Cartel des Soleils » reste toutefois contestée par de nombreux experts, qui évoquent plutôt des réseaux de corruption facilitant des activités illicites. Le gouvernement américain a même porté à 50 millions de dollars la récompense pour toute information permettant l’arrestation de M. Maduro, un allié de Vladimir Poutine, qu’il a soutenu dès le début de l’offensive militaire russe en Ukraine.
La Russie et la Chine ont vivement critiqué la pression militaire et économique exercée par les États-Unis sur le Venezuela. L’ambassadeur russe Vassili Nebenzia a dénoncé un « comportement de cowboy », ajoutant :
« Les actes commis par les États-Unis vont à l’encontre de toutes les normes fondamentales du droit international. »
Vassili Nebenzia, ambassadeur russe auprès de l’ONU
Il a qualifié le blocus naval imposé aux pétroliers vénézuéliens de « acte d’agression flagrant ». De son côté, le représentant chinois Sun Lei a déclaré :
« La Chine s’oppose à tous les actes d’unilatéralisme et d’intimidation et soutient tous les pays dans la défense de leur souveraineté et de leur dignité nationale. »
Sun Lei, représentant chinois auprès de l’ONU
Le secrétaire général adjoint de l’ONU, Khaled Khiari, a indiqué que le chef des Nations unies, Antonio Guterres, se tient prêt à faciliter un dialogue entre les deux parties :
« [Antonio Guterres] se tient prêt à soutenir tous les efforts diplomatiques, y compris en exerçant ses bons offices, si les deux parties en font la demande. »
Khaled Khiari, secrétaire général adjoint de l’ONU
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