Le Venezuela a signé des accords énergétiques majeurs avec des multinationales et un pacte bilatéral avec Washington permettant aux États-Unis de contrôler une partie importante des réserves pétrolières du pays. La signature est intervenue à Caracas en présence du ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, neuf mois après la capture de Nicolás Maduro.
Neuf mois après la capture de Nicolás Maduro par l’armée américaine, le paysage énergétique vénézuélien connaît un bouleversement sans précédent. Mercredi 2 septembre 2026, le gouvernement de Caracas a officialisé une série de contrats d’envergure sous la supervision directe de Washington. L’administration de Donald Trump entend ainsi relancer l’exploitation des immenses ressources du pays sud-américain, qui abrite les plus grandes réserves de pétrole brut de la planète.
Visite à Caracas du ministre américain de l’Énergie et nouveaux contrats pétroliers
Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, s’est rendu à Caracas pour superviser la signature de nouveaux accords industriels avec des compagnies étrangères.
De son côté, l’entreprise italienne Eni s’est vu attribuer le rôle d’opérateur exclusif du gisement géant de Junin 5, situé dans la riche ceinture de l’Orénoque. Parallèlement, le conglomérat américain GE Vernova a été engagé pour réparer une grande partie du réseau électrique vénézuélien, mis à mal par des années de sous-investissement et de crise.
L’accord bilatéral et le contrôle de la compagnie NABEP
Indépendamment de ces contrats industriels, un accord bilatéral conclu le vendredi précédent permet aux États-Unis de prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils de réserves. L’État américain acquiert une participation de 35 % dans North American Blue Energy Partners (NABEP), la deuxième plus importante compagnie pétrolière privée du pays. En contrepartie, Washington obtient le droit d’acheter à prix coûtant 20 % de la production de l’entreprise pour alimenter sa réserve stratégique.


Les réserves couvertes par ces concessions d’une durée de 100 ans accordées à NABEP sur 17 gisements éclipsent largement celles des États-Unis, qui disposent d’environ 46 milliards de barils sur leur propre territoire. Le président américain Donald Trump a qualifié ces gisements de valeur incroyable restée en sommeil
et a affirmé l’intention de son pays d’extraire l’ensemble de ces hydrocarbures.
Cependant, l’implication de NABEP suscite des interrogations en raison de son fondateur, l’homme d’affaires vénézuélien Alejandro Betancourt. Des majors pétrolières concurrentes réclament des garanties juridiques pour éviter toute association avec ce passif, tandis que des élus du Congrès réclament des comptes sur un texte négocié sans leur aval.
Souveraineté nationale, production future et question des élections
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a assuré que son pays maintiendrait sa souveraineté sur les champs exploités. L’Assemblée nationale et l’armée vénézuéliennes ont apporté leur soutien à l’accord, le ministre de la Défense Gustavo González López qualifiant le pacte de choix pour la paix et le bien-être.
Alors que la production quotidienne vénézuélienne se situait sous le seuil d’un million de barils au début de l’année, elle a progressé de près de 30%. Chris Wright a estimé sur CNBC que la production nationale sera bien supérieure à deux millions de barils par jour d’ici la fin de la décennie, un volume destiné à limiter la hausse des prix à la pompe aux États-Unis à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.
Sur le plan politique, la transition reste sous haute tension. Une position partagée dans les grandes lignes par Delcy Rodríguez, qui a confirmé qu’un processus électoral aurait lieu seulement lorsque les conditions estimées seraient réunies.