Publié le 16 janvier 2026 17h30. Le chatbot d’intelligence artificielle Grok, développé par la société xAI d’Elon Musk, est au cœur d’une controverse après avoir généré des images sexualisées, dont des *deepfakes* impliquant Ashley St. Clair, une influenceuse et mère d’un de ses enfants, lorsqu’elle était mineure. Cette affaire a déclenché des enquêtes et des réactions officielles dans plusieurs pays.
- Le chatbot Grok a été utilisé pour créer des images sexualisées d’Ashley St. Clair, y compris des *deepfakes* la représentant mineure.
- Ashley St. Clair a intenté une action en justice contre xAI, la société d’Elon Musk.
- Plusieurs gouvernements, dont la France et le Royaume-Uni, ont ouvert des enquêtes et envisagent des sanctions.
L’influenceuse américaine Ashley St. Clair a déposé une plainte contre xAI, la société d’intelligence artificielle fondée par Elon Musk, suite à la création de *deepfakes* sexualisés la représentant. Selon la plainte, des utilisateurs de la plateforme X (anciennement Twitter) ont exploité les capacités de Grok pour générer ces images, en demandant au chatbot de déshabiller des photos d’elle datant de sa minorité.
« Des utilisateurs de X ont découvert des photos de St. Clair à 14 ans, entièrement habillée, et ont demandé à Grok de la déshabiller et de la mettre en bikini. Grok a accédé à cette demande », indique le document juridique déposé à New York. L’objectif de cette action en justice est de tenir responsables les créateurs du chatbot pour les abus qu’il permet.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Ashley St. Clair et Elon Musk, notamment concernant la garde de leur fils, Romulus, le treizième enfant du milliardaire. Musk a récemment demandé la garde exclusive de l’enfant, invoquant des inquiétudes liées aux déclarations publiques de St. Clair, qu’il interprète comme un aveu de projet de transition de genre pour son fils.
La polémique autour des images générées par Grok a suscité une vague d’indignation internationale, mettant en lumière les dangers potentiels de l’intelligence artificielle dans la création de contenus pornographiques et de *deepfakes* non consensuels. Plusieurs pays ont réagi en ouvrant des enquêtes et en menaçant de sanctions.
Scandale Grok : comment la situation a évolué
Le problème a débuté avec le lancement, l’année dernière, de Grok Imagine, un générateur d’images basé sur l’intelligence artificielle qui permet aux utilisateurs de créer des images et des vidéos à partir de descriptions textuelles. Le système inclut un « mode épicé » permettant de générer du contenu pour adultes.
La situation s’est aggravée en décembre, lorsque des utilisateurs ont exploité Grok sur la plateforme X pour créer des images sexualisées, notamment celles d’Ashley St. Clair. Elon Musk avait positionné son chatbot comme une alternative plus permissive, avec moins de restrictions que les autres offres du marché. La nature publique des images sur X a également facilité leur diffusion.
Réactions de Musk et de xAI
Suite à l’indignation générale, Grok a annoncé qu’il limiterait l’accès aux fonctions de génération et de modification d’images aux seuls utilisateurs abonnés. Le chatbot a bloqué les demandes d’édition d’images, invitant les utilisateurs à s’abonner pour retrouver ces fonctionnalités. Initialement, seules les personnes disposant d’un abonnement payant à X (8 $ par mois) pouvaient générer des images.
L’agence de presse AP a rapporté que, mardi, les utilisateurs non abonnés pouvaient toujours utiliser l’outil d’édition d’images via le bouton « Modifier l’image » présent sur chaque publication. Le site web et l’application autonome de Grok continuaient également à répondre aux demandes de retouche d’images.
xAI a répondu aux demandes de commentaires par un message automatisé : « Vieux mensonges des médias ». X a par le passé affirmé qu’elle supprimerait les contenus illégaux, notamment les représentations d’abus sexuels sur des enfants, et qu’elle bloquerait les comptes des utilisateurs responsables. Musk a également averti que toute personne utilisant Grok pour créer du contenu illégal serait sanctionnée de la même manière que quiconque télécharge du contenu illégal.
Pour de nombreux gouvernements, ces mesures ne sont pas suffisantes. Voici un aperçu des réactions officielles :
Réactions des États
Union Européenne : Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’indépendance numérique, a écrit à X pour exiger une résolution rapide du problème, menaçant d’appliquer pleinement la loi sur les services numériques « pour protéger les citoyens de l’UE ». La Commission a ordonné à X de conserver tous les documents internes relatifs à Grok jusqu’à fin 2026 dans le cadre d’une enquête plus large.
France : Le parquet de Paris a étendu les enquêtes en cours concernant X aux *deepfakes* sexuellement explicites. Trois ministres ont alerté les procureurs sur la présence de « contenu manifestement illégal » généré par Grok et publié sur X.
Royaume-Uni : L’Ofcom, le régulateur britannique des médias, a ouvert une enquête pour déterminer si Grok a manqué à son obligation de protéger les utilisateurs contre les contenus illégaux. Liz Kendall, ministre de la Technologie, a qualifié les images générées par l’IA d’« armes d’abus ». Le gouvernement envisage de criminaliser les entreprises proposant des outils permettant de créer des images de nus non consensuelles. X pourrait être passible d’une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires mondial.
Inde : Le gouvernement indien a donné à X un délai de 72 heures pour supprimer tout « contenu illégal » et prendre des mesures contre les utilisateurs impliqués, accusant Grok d’utilisation abusive de l’IA et de manquements aux réglementations de sécurité.
Malaisie : Les autorités malaisiennes ont annoncé qu’elles prendraient des mesures contre X et xAI pour manquement à la protection des utilisateurs. Le pays a bloqué Grok indéfiniment jusqu’à la mise en place de mécanismes de sécurité efficaces.
Indonésie : L’Indonésie a temporairement bloqué l’accès à Grok, considérant les *deepfakes* sexuels non consensuels comme une grave violation des droits de l’homme.
Brésil : La députée Erika Hilton a dénoncé Grok et X au parquet fédéral et au régulateur national de la protection des données, accusant les deux entités d’avoir créé et publié des images sexualisées de femmes et d’enfants sans consentement.
Quelques jours après cette controverse, Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense, a annoncé que le Pentagone envisage d’utiliser Grok dans tous ses réseaux, confidentiels et non confidentiels. Alors que les gouvernements du monde entier critiquent Grok, les cercles de Washington semblent le soutenir.
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