L’économie chinoise a progressé de 4,5 % au troisième trimestre, soutenue par un boom des exportations technologiques et de l’intelligence artificielle qui a permis de compenser la faiblesse de la consommation intérieure et une crise immobilière persistante.
L’activité économique en Chine a affiché un rebond entre juillet et septembre, atteignant une croissance de 4,5 % en glissement annuel selon les chiffres officiels publiés par le Bureau national des statistiques (NBS). Cette performance accélère par rapport au rythme de 4,3 % enregistré au trimestre précédent, qui constituait alors le point bas des trois dernières années. Malgré ce redressement, le rythme se maintient dans la fourchette basse de l’objectif annuel fixé par Pékin, qui vise une expansion comprise entre 4,5 % et 5 % pour l’ensemble de l’année selon les données officielles.
Le dynamisme des exportations technologiques et de l’intelligence artificielle
La reprise observée repose presque entièrement sur la vigueur des ventes à l’étranger, portées par une demande mondiale robuste en matière de puces électroniques et d’équipements pour centres de données dans le secteur de l’intelligence artificielle. Les exportations globales ont bondi de 36 % en glissement annuel au mois de septembre, dépassant largement les attentes des marchés. La production industrielle a emboîté le pas avec une progression de 5,5 % le même mois, dépassant les 5,2 % affichés en août.
Ce volume d’exportations propulse l’excédent commercial du pays sur une trajectoire capable de dépasser le record historique de 1,2 trillion de dollars atteint l’année précédente d’après les données publiées. Entre janvier et septembre, l’excédent cumulé s’établit déjà à 938 milliards de dollars, reflétant la dépendance de l’économie chinoise vis-à-vis de la demande extérieure.
L’investissement dans l’immobilier a chuté de plus de 20 % au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’exercice précédent, aggravant la tendance observée au mois d’août. Mao Shengyong, directeur adjoint du Bureau national des statistiques, a reconnu lors d’une conférence de presse que le contexte international reste volatil et que la demande intérieure demeure insuffisante, malgré une progression de l’activité gouvernée par l’innovation.
La persistance de la faiblesse de la demande intérieure et de la crise immobilière
À l’intérieur des frontières, le tableau demeure contrasté. Les ventes au détail, baromètre de la consommation des ménages, ont certes progressé de 1,1 % en septembre par rapport à l’année précédente, devançant le consensus des économistes établi à 0,7 % et les 0,4 % d’août selon le rapport du NBS. Néanmoins, ce frémissement traduit des difficultés structurelles profondes. L’investissement dans l’immobilier a chuté de plus de 20 % au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’exercice précédent, aggravant la tendance observée au mois d’août.

Les tensions commerciales internationales et les déséquilibres mondiaux
Cette orientation exportatrice alimente de vives frictions avec les partenaires commerciaux traditionnels de la Chine, notamment les États-Unis et l’Union européenne. Les fabricants occidentaux s’inquiètent d’une concurrence jugée agressive, alimentée par des surcapacités industrielles dans des secteurs subventionnés comme les véhicules électriques et les technologies solaires. L’Union européenne, dont le déficit commercial quotidien avec le géant asiatique dépasse des niveaux élevés, multiplie les mesures de protection afin de limiter les importations de véhicules hybrides.
Il est intenable et insoutenable que la deuxième économie mondiale dépende de la demande étrangère pour stimuler sa propre croissance.
Eswar Prasad, professeur d’économie et de politique commerciale à Cornell University
D’autres analystes soulignent que le modèle actuel de croissance centrée sur la haute technologie génère peu d’emplois durables à grande échelle tout en exacerbant les risques de déplacements de main-d’œuvre liés à l’intelligence artificielle selon les observations de BNP Paribas Asset Management. En réponse, le gouverneur de la banque centrale chinoise, Pan Gongsheng, a affirmé en fin de semaine que les pays excédentaires et déficitaires devaient coopérer, rappelant l’engagement de son pays à stimuler la consommation locale.
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