Le satellite Landsat 9 de la NASA a immortalisé le 20 septembre 2026 une structure géologique spectaculaire dans la région de Kimberley, en Australie occidentale. Connu sous le nom de Spider Crater, ce cratère d’impact ovoïde évoque une araignée géante vue depuis l’espace.
L’image satellite, capturée par l’instrument Operational Land Imager (OLI) à bord du satellite Landsat 9 de la NASA et de l’U.S. Geological Survey, met en lumière une formation géologique singulière. Le site s’étend sur une forme ovale d’environ 13 kilomètres sur 11 kilomètres, tandis que sa zone centrale en forme d’arachnide mesure environ 4 kilomètres de diamètre, selon les données publiées par les agences.
La formation de la structure centrale et des arêtes de grès
Les géologues identifient cette structure inhabituelle comme les restes d’un soulèvement central. Ce phénomène correspond au rebond du plancher d’un cratère après la violence initiale d’un choc cosmique. Les pattes de l’araignée sont en réalité des crêtes de grès de couleur claire. Ces formations rocheuses ont résisté à l’érosion au fil des millénaires, tandis que les couches environnantes se sont progressivement désintégrées.
Le débat historique sur l’origine volcanique et la découverte des cônes de choc
L’origine de Spider Crater n’a pas livré ses secrets immédiatement après son repérage dans les années 1950. Pendant quatre décennies, les scientifiques ont débattu de sa formation, certains chercheurs privilégiant une hypothèse volcanique. Cependant, des missions de terrain menées dans les années 1980 ont radicalement transformé cette interprétation.
Des géologues ont identifié des indices irréfutables d’un impact météoritique : des fractures en éventail appelées cônes de choc. Ces structures se forment exclusivement sous l’effet de puissantes ondes de choc traversant la roche. Les chercheurs ont résumé cette omniprésence en soulignant que les cônes de choc se trouvent partout dans le dôme central.

Comme l’ont souligné les géologues Kenkmann et Poelchau, « les cônes de choc sont omniprésents dans le dôme central ».
L’analyse asymétrique des cristaux et la datation du Précambrien tardif
Des études plus récentes ont approfondi la compréhension de l’événement. Les résultats ont révélé que les dégâts de choc les plus intenses ne se situent pas au centre géographique exact de la structure. Cette répartition inégale constitue la première preuve minéralogique d’un choc asymétrique lié à une collision oblique.
NASA satellite imagery reveals Spider Crater in Western Australia, where an ancient meteorite impact left a remarkable spider-shaped formation. https://t.co/BLFHuk3FgZ pic.twitter.com/TrHp62rgzu
La datation précise de l’impact reste complexe en raison de l’érosion continue. Néanmoins, les indices géologiques recueillis dans les roches de la région situent l’événement entre 900 millions et 600 millions d’années dans le passé. Les scientifiques s’accordent à classer la structure comme un témoin de la fin du Précambrien.
La NASA a décrit la structure dans un rapport scientifique comme étant « une créature du Précambrien tardif ».

D’autres sites d’impact remarquables parsèment le territoire australien, à l’image de la structure d’Yarrabubba ou du cratère Acraman. L’histoire de la recherche sur le site est également marquée par la contribution de figures de la géologie planétaire comme Gene et Carolyn Shoemaker, qui ont cartographié le secteur lors de missions de terrain en 1984 et 1985.