Publié le 14 novembre 2023 14:35:00. L’économie de la zone euro a affiché une croissance modeste au troisième trimestre, tandis que son excédent commercial a connu une forte hausse en septembre, porté par une demande américaine soutenue malgré les tensions commerciales.
- La zone euro a progressé de 0,2 % au troisième trimestre, un chiffre conforme aux estimations initiales.
- L’excédent commercial a bondi à 19,4 milliards d’euros en septembre, en forte augmentation par rapport au mois précédent (1,9 milliard d’euros).
- Les exportations vers les États-Unis ont joué un rôle clé dans cette amélioration, compensant partiellement la stagnation de l’Allemagne.
Malgré un contexte international marqué par les conflits commerciaux et l’incertitude économique, la zone euro, qui regroupe 20 pays, a démontré une certaine résilience au cours de l’année. Cependant, son rythme de croissance reste inférieur à celui de ses concurrents internationaux, et les économistes ne prévoient pas d’accélération significative à court terme.
Selon les données d’Eurostat, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 0,2 % au troisième trimestre, en accord avec les premières estimations de fin octobre. Cette progression est due à la performance de la France et de l’Espagne, qui ont compensé la stagnation de l’Allemagne. L’économie allemande, première économie de la zone euro, peine à décoller pour la troisième année consécutive, en raison d’une production industrielle faible, de difficultés à l’exportation et d’une consommation privée en berne.
Sur l’ensemble de l’année, le PIB de la zone euro a augmenté de 1,4 %, un chiffre légèrement supérieur aux attentes des économistes (1,3 % selon un sondage Reuters). La bonne performance de l’Espagne a contribué à ce résultat positif.
L’amélioration de l’excédent commercial est particulièrement notable. En septembre, il a atteint 19,4 milliards d’euros, contre seulement 1,9 milliard d’euros le mois précédent. Cette hausse est principalement due à une augmentation des exportations vers les États-Unis, qui ont dépassé la croissance des importations, malgré les droits de douane mis en place par les deux parties.
L’Union européenne dans son ensemble a enregistré un excédent commercial de 22,2 milliards d’euros avec les États-Unis en septembre, contre 6,5 milliards d’euros en août et 18,5 milliards d’euros un an plus tôt. Les ventes de produits chimiques, notamment pharmaceutiques, et de machines ont contribué à ce résultat.
Toutefois, les économistes soulignent que cette forte hausse pourrait être temporaire. Le secteur pharmaceutique, qui représente une part importante de cet excédent, est historiquement volatile, notamment en raison de la présence de nombreuses sociétés pharmaceutiques internationales implantées en Irlande pour des raisons fiscales.
L’excédent commercial de la zone euro pour le mois de septembre est le plus élevé enregistré depuis mars, période durant laquelle les entreprises américaines avaient anticipé l’entrée en vigueur des droits de douane en stockant leurs marchandises.
Les économistes mettent en garde contre une interprétation trop rapide de ces chiffres mensuels, qui peuvent être influencés par des facteurs conjoncturels, tels que l’anticipation des tarifs douaniers.