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L’économie océanique à triple retour | Cambodge

by Clara Dubois

Publié le 4 décembre 2023. Face à une instabilité croissante sur les plans climatique, géopolitique et financier, les investisseurs négligent un secteur porteur de rendements considérables sur les plans environnemental, social et économique : l’économie bleue.

  • L’économie océanique a doublé entre 1995 et 2020, atteignant 2 600 milliards de dollars (environ 2 400 milliards d’euros) de contribution au PIB mondial.
  • Moins de 1 % du financement philanthropique international et de l’aide publique au développement est actuellement alloué à l’économie océanique.
  • La dégradation continue des océans pourrait mettre en péril jusqu’à 8 500 milliards de dollars (environ 7 800 milliards d’euros) de valeur pour 66 % des entreprises cotées en bourse au cours des 15 prochaines années.

Les investisseurs ont tendance à sous-estimer le potentiel de l’océan, le considérant trop souvent comme une ressource inépuisable. Cette vision est non seulement dangereuse, mais également coûteuse. L’océan, plus grand puits de carbone au monde et véritable réservoir de biodiversité, joue un rôle crucial dans la régulation du climat et la stabilité des systèmes alimentaires. Investir dans une économie bleue résiliente et durable représente donc une opportunité unique de générer des retours significatifs, tout en contribuant à la protection de la planète.

Selon un rapport de l’OCDE (L’économie océanique jusqu’en 2050), l’économie océanique a connu une croissance spectaculaire au cours des dernières décennies. Si elle était un pays, l’océan serait la cinquième économie mondiale. Les secteurs marins axés sur la résilience – notamment les énergies renouvelables offshore, l’aquaculture durable, la séquestration du carbone et les technologies marines – sont particulièrement prometteurs.

Cependant, le financement de l’économie bleue reste largement insuffisant. Le capital-risque, par exemple, n’a alloué que 300 millions de dollars (environ 275 millions d’euros) aux startups spécialisées dans les énergies marines renouvelables en 2023, alors que le développement de l’éolien flottant, de l’énergie houlomotrice et marémotrice nécessitera environ 32 milliards de dollars (environ 29 milliards d’euros) par an pour atteindre les objectifs de réduction des émissions d’ici 2050 (source Ocean Returns).

Un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), en collaboration avec Ocean Risk and Resilience Action Alliance et Metabolic (rapport Value at Risk), met en garde contre les conséquences de la dégradation continue des océans. Jusqu’à 8 500 milliards de dollars (environ 7 800 milliards d’euros) de valeur pourraient être menacés pour les entreprises cotées en bourse au cours des 15 prochaines années, notamment dans les secteurs de la pêche commerciale, de l’immobilier côtier, du tourisme et des infrastructures portuaires.

Pour débloquer le potentiel de l’économie bleue, il est impératif de surmonter le « mur de transition », c’est-à-dire le décalage entre les attentes de rendement à court terme et la création de valeur à long terme. Les investisseurs doivent adopter une vision plus durable et prendre en compte les risques climatiques et de biodiversité non pas comme des menaces, mais comme des opportunités d’investissement.

Peter Bryant est directeur du programme Océans chez Builders Vision, une plateforme d’investissement à impact.

Sindre Østgård est associé directeur de We Are Human, une société de capital-risque axée sur l’impact, et siège au conseil d’administration de 2050.do et du Fonds du prince héritier de Norvège pour les générations futures.

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