La compagnie pétrolière russe Loukoïl traverse une période de crise aiguë, confrontée à des sanctions internationales et à des pressions croissantes sur ses actifs à l’étranger. Des complications majeures se multiplient en Europe et au Moyen-Orient, menaçant les opérations de l’entreprise et son contrôle sur des marchés clés.
Selon Kyrylo Shevchenko, ancien directeur de la Banque nationale d’Ukraine, les difficultés de Loukoïl se sont intensifiées ces derniers jours. Les États-Unis ont notamment bloqué la vente d’actifs de la compagnie, évalués à 14 milliards d’euros (12,5 milliards de livres sterling), au négociant énergétique Gunvor, en raison de ses liens avec le Kremlin. M. Shevchenko a déclaré que Loukoïl doit se défaire de ces participations avant le 21 novembre, sous peine d’un gel total de ses avoirs.
La Bulgarie envisage également de saisir et de revendre la raffinerie de Bourgas, appartenant à Loukoïl et estimée à 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard de livres sterling). Le gouvernement bulgare justifie cette mesure par la nécessité de se conformer aux nouvelles sanctions et de réduire l’influence de Moscou sur le marché local des carburants.
En Irak, les opérations sur le champ pétrolier géant de West Qurna-2 sont au point mort après que Loukoïl a déclaré un cas de force majeure en raison des restrictions internationales. Les paiements en espèces et en brut à Loukoïl ont été suspendus par les autorités irakiennes, selon trois sources proches du dossier.
Face à cette situation, le département du Trésor américain a reporté la mise en œuvre des sanctions contre Loukoïl le 14 novembre, accordant à l’entreprise un délai pour vendre ses actifs internationaux. Des négociations sont en cours, et Washington a accordé des exemptions limitées aux sanctions pour faciliter ces ventes et la coopération avec les gouvernements étrangers.
Plus précisément, une licence a été délivrée autorisant des transactions spécifiques liées aux stations-service de Loukoïl et aux contrats de vente de ses actifs internationaux jusqu’au 13 décembre. Une exemption supplémentaire a été accordée aux filiales bulgares du groupe Loukoïl, reportant l’application des sanctions jusqu’au 29 avril.
Ces sanctions contre Loukoïl, annoncées le mois dernier, s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie américaine visant à faire pression sur le président russe Vladimir Poutine dans le contexte du conflit en Ukraine. Elles visent non seulement l’entreprise, mais également 36 de ses filiales.
Plusieurs pays européens, confrontés à la perspective de fermetures de raffineries Loukoïl, ont cherché à obtenir des reports de sanctions. La Roumanie aurait ainsi demandé à Washington de reporter les sanctions et aurait pris le contrôle de Petrotel Lukoil, la filiale roumaine de la société.
