Publié le 27 décembre 2025 à 07h25. L’année 2025 aura été marquée par des surprises et des revirements inattendus sur les marchés financiers, offrant aux investisseurs une série de leçons cruciales, notamment sur l’importance de l’adaptabilité et la fragilité des prévisions économiques.
- Les taux d’intérêt se sont avérés moins déterminants que la solidité du modèle économique des entreprises.
- La volatilité des marchés peut être plus déstabilisante que les pertes financières réelles.
- Les investisseurs particuliers ont souvent tendance à surréagir et à prendre des décisions impulsives.
L’année 2025 s’est ouverte sous le signe d’anticipations de baisse des taux d’intérêt qui ne se sont que partiellement concrétisées. La Réserve fédérale américaine, par exemple, a maintenu ses taux inchangés jusqu’en septembre, avant d’entamer un cycle de réduction qui pourrait davantage répondre à des considérations politiques qu’à une véritable conviction économique.
Les marchés ont été secoués par une succession d’événements imprévus. En mars, les rendements obligataires allemands ont connu une hausse spectaculaire suite à l’annonce d’un réarmement allemand. En avril, l’économie mondiale semblait au bord du gouffre après l’instauration de droits de douane par l’administration Trump. Depuis, les investisseurs oscillent entre pessimisme et regain de confiance.
Une première leçon ressort de ces turbulences : les taux d’intérêt, bien que surveillés de près, sont moins déterminants que la santé fondamentale du modèle économique des entreprises. Contrairement aux prévisions qui annonçaient un recul des valeurs bancaires européennes avec la baisse des taux, ces dernières ont connu une envolée cette année. Cette performance s’explique par leur capacité à se concentrer sur les commissions et à renforcer leur bilan ces dernières années. Les valeurs bancaires européennes ont ainsi démontré leur résilience.
La volatilité, deuxième enseignement majeur, peut s’avérer plus angoissante que les pertes financières elles-mêmes. Les brusques retournements de situation désorientent les investisseurs. Les premiers mois de l’année ont été marqués par une chute des obligations, suivie immédiatement par un recul des actions, en réaction à des événements géopolitiques inattendus. Un tel scénario n’était pas nouveau, le souvenir de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, qui avait provoqué un bouleversement historique sur les marchés financiers et les politiques économiques occidentales, restant encore vif.
Troisième leçon : les investisseurs doivent éviter de céder à l’impulsion et de modifier brusquement leurs stratégies. Un modèle d’investissement robuste doit intégrer le risque de fluctuations temporaires. Vendre à chaque retournement de marché témoigne soit d’une réaction émotionnelle, soit d’un modèle fallacieux basé sur une vision à court terme ou trop rigide.
Enfin, les études comportementales de Barber & Odean révèlent que les investisseurs particuliers ont tendance à une suractivité (de 40 à 60 %). Ils ressentent le besoin d’agir, même lorsqu’il serait préférable de rester passifs. Cette attitude peut réduire leurs rendements de 1,5 à 2 % par an, et expliquer pourquoi les investisseurs les plus performants d’une année donnée se retrouvent souvent en bas du classement l’année suivante. Warren Buffett, en accumulant des centaines de milliards de dollars et en restant pour l’instant à l’écart des marchés, illustre cette prudence.
L’année 2025 a rappelé une vérité fondamentale : la mémoire des marchés est courte. La crise financière mondiale de 2008, qui avait vu la faillite de Lehman Brothers en septembre, reste gravée dans les mémoires, mais les leçons tirées de cette période semblent parfois oubliées. Jusqu’à mi-septembre 2025, peu auraient pu imaginer qu’une des principales banques américaines de l’époque serait à nouveau confrontée à de graves difficultés, alors que l’économie américaine semblait avoir achevé son cycle expansionniste.
En définitive, l’une des leçons les plus importantes que nous n’avons peut-être pas encore pleinement intégrées est l’humilité de reconnaître l’imprévisibilité des marchés. Les institutions publiques et privées, nationales et internationales, peinent à établir des prévisions fiables à moyen et long terme, qui sont souvent contredites en quelques mois seulement. Les marchés finissent par s’adapter à la réalité des faits plutôt qu’à des hypothèses préconçues. Le véritable défi n’est pas de faire une mauvaise prévision, mais de construire des portefeuilles capables de fonctionner même lorsque ces prévisions s’avèrent erronées.
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