Publié le 13 décembre 2025 à 04:21:00. L’envoyé spécial du président américain Donald Trump se rend à Berlin ce week-end pour tenter de relancer les négociations de paix en Ukraine, alors que Washington pousse pour un accord qui suscite des inquiétudes parmi les alliés européens et à Kiev. Le plan de paix américain, révélé le mois dernier, inclut des concessions territoriales à la Russie et une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne.
- Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump, rencontrera Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à Berlin pour discuter de l’état des négociations.
- Les Européens et les Ukrainiens insistent sur la nécessité de garanties de sécurité avant toute concession territoriale.
- La Russie se méfie des évolutions du plan américain et n’a pas pris connaissance de sa version actualisée.
La rencontre de ce week-end à Berlin intervient dans un contexte de tensions croissantes sur le terrain, où les forces russes progressent en Ukraine. L’administration Trump intensifie la pression sur Kiev pour parvenir à un accord, mais son plan de paix, qui prévoit notamment la cession de territoires à la Russie, a suscité de vives critiques.
Selon un responsable de la Maison Blanche, l’envoyé de M. Trump, Steve Witkoff, discutera avec le président Zelensky et les dirigeants européens de l’état des négociations de paix. Le gouvernement allemand accueillera également les chefs de l’Union européenne et de l’OTAN lundi prochain, après la participation de M. Zelensky à un forum d’affaires germano-ukrainien avec le chancelier Friedrich Merz.

L’idée d’une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne, une perspective à laquelle s’oppose Moscou, figure dans la dernière version du plan américain. M. Zelensky a estimé que M. Trump pouvait utiliser son influence pour convaincre les pays réticents à l’adhésion de l’Ukraine de changer de position.
Cependant, les alliés de l’Ukraine exigent des garanties de sécurité concrètes avant d’envisager toute concession territoriale.
« Des garanties de sécurité concrètes pour l’Ukraine sont une condition préalable à tout accord de paix et doivent être énoncées dans un document juridiquement contraignant. »
Alyona Getmanchuk, ambassadrice d’Ukraine auprès de l’OTAN
Selon un haut responsable proche du dossier, le plan américain prévoit l’adhésion de l’Ukraine à l’UE dès janvier 2027. Un calendrier ambitieux, compte tenu de la complexité du processus d’adhésion, qui nécessite l’approbation unanime des 27 États membres, et des oppositions existantes, notamment de la Hongrie.

La Russie, qui dispose d’un avantage numérique en termes d’effectifs et d’armement, a enregistré des progrès significatifs sur le champ de bataille ces derniers mois. Moscou se méfie des efforts visant à modifier le plan américain, qu’elle avait initialement soutenu.
« Nous avons l’impression que cette version (…) sera aggravée. »
Youri Ouchakov, conseiller en politique étrangère du Kremlin
M. Ouchakov a précisé que le Kremlin n’avait pas pris connaissance de la version actualisée du plan depuis les discussions avec les envoyés américains, M. Witkoff et Jared Kushner, à Moscou la semaine dernière.
Selon le président ukrainien, Washington souhaite que seule l’Ukraine retire ses troupes de certaines parties de la région orientale de Donetsk, où une « zone économique libre » démilitarisée serait établie comme zone tampon. Un conseiller du président français Emmanuel Macron a toutefois affirmé que l’Ukraine « n’envisageait pas » un tel accord.
Les détails complets du plan américain n’ont pas été rendus publics.
