La visite apostolique du pape Léon en Turquie, axée sur le 1 700e anniversaire du Concile de Nicée, a été perçue comme un puissant geste de réconciliation et d’unité par la petite communauté chrétienne du pays, a déclaré Mgr Antuan Ilgit, premier évêque d’origine turque. Ce voyage, particulièrement significatif après le séisme qui a frappé la région, a offert un moment de rassemblement et d’espoir.
« Le pape Léon est arrivé en Turquie comme un véritable messager de paix, animé par le désir de promouvoir la réconciliation dans une région marquée par les conflits », a souligné Mgr Ilgit, vicaire apostolique d’Anatolie.
La visite a permis aux chrétiens, dispersés sur l’ensemble du territoire turc – notamment au sein du vicariat apostolique d’Anatolie, qui s’étend de la mer Noire à la frontière syrienne – de se retrouver et de prier ensemble. « C’était une occasion de nous réunir, de nous retrouver et surtout de prier ensemble pour la communion et la paix », a-t-il ajouté.
Au-delà de la commémoration du Concile de Nicée, cette visite a réaffirmé l’importance des racines chrétiennes en Turquie, un pays où différentes communautés religieuses coexistent. Le pape Léon a souligné que les différences religieuses, ethniques et culturelles ne sont pas des obstacles, mais peuvent constituer une richesse pour la construction d’une société pacifique.
Mgr Ilgit a particulièrement insisté sur la portée symbolique des rencontres du pape avec le patriarche Bartholomée lors de la Divine Liturgie, ainsi que ses visites au patriarcat apostolique arménien et à la communauté syro-orthodoxe. « Ces visites, et les images qui les ont accompagnées, ont profondément touché ceux qui ont suivi ce premier voyage apostolique. Elles ont apporté un grand réconfort à notre peuple, qui aspire à voir des pasteurs unis dans leurs intentions et leurs prières. »
L’unité est d’autant plus cruciale que les communautés chrétiennes en Turquie sont modestes en nombre. « Lorsque les effectifs sont limités, l’unité est une nécessité, presque une question de survie », a-t-il expliqué.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a également été salué pour son accueil chaleureux et son hospitalité, exprimant son souhait que les messages de paix véhiculés par le pape se répandent dans le monde turco-islamique et chrétien.
Pour Mgr Ilgit, en tant que premier évêque turc, cette visite a été un moment particulièrement émouvant. Il a pu accueillir à Istanbul des représentants de sa communauté, venus d’Antioche, d’Iskenderun, d’Adana, de Mersin, de Samsun et de Trabzon, qui ont eu l’opportunité de rencontrer le pape et de recevoir sa bénédiction. « C’était un immense cadeau pour nous », a-t-il témoigné. La messe célébrée dans l’arène Volkswagen, rassemblant près de 4 000 fidèles de différentes confessions, lui a rappelé l’esprit de la Pentecôte.
« En tant que fils de cette terre, Turc profondément attaché à son pays, je suis fier de l’accueil réservé au pape par le président Erdoğan et la population non chrétienne », a-t-il conclu. « Je souhaite être un pont entre ma nation et l’Église catholique. »