Publié le 26 décembre 2025 à 12h00. L’année 2025 a été riche en innovations technologiques dans le monde du cyclisme, marquée par les performances de Tadej Pogačar, des avancées significatives chez Shimano et Campagnolo, et les controverses autour des réglementations de l’UCI.
- Tadej Pogačar a dominé la saison 2025 en utilisant les vélos Colnago V5R et Y1R, ce dernier étant même vendu aux enchères pour 190 500 $ après son utilisation victorieuse.
- Shimano a mis à jour son système de pédales SPD pour la première fois en 30 ans avec la cale CL-MT001, facilitant le clipage et offrant une plus grande tolérance.
- Le Trek Checkout, un vélo de gravel à suspension intégrale, a divisé l’opinion, soulevant des questions sur l’avenir de cette discipline.
L’Union Cycliste Internationale (UCI) a été au centre de nombreuses discussions en 2025, notamment concernant les règles relatives à la largeur du guidon et les rapports de démultiplication, suscitant des critiques et des ajustements.
Les performances de Tadej Pogačar ont été étroitement suivies, chaque course étant l’occasion d’observer son équipement. Au Tour de France, il a alterné entre le Colnago V5R, un vélo de course léger, et le Colnago Y1R, un modèle aérodynamique. Sa victoire au Tour des Flandres l’a finalement convaincu des avantages de l’aérodynamisme, et il a utilisé exclusivement le Y1R pendant l’épreuve française, y compris une version allégée pour le contre-la-montre en montée. Ce vélo a ensuite été vendu aux enchères pour une somme impressionnante de 190 500 $, témoignant de son attrait auprès du public. On pouvait également observer ses plateaux CarbonTi et autres équipements personnalisés, mais la question de savoir si c’était le pilote ou la machine qui était le véritable héros restait ouverte.
Shimano a marqué l’année 2025 en apportant une mise à jour majeure à son système de pédales SPD, une technologie influente qui n’avait pas connu de changements significatifs depuis près de 30 ans. La nouvelle cale CL-MT001 facilite le clipage grâce à un bord d’attaque modifié, permettant aux cyclistes de s’engager dans la pédale par l’avant, l’arrière ou en poussant vers le bas. Cette innovation vise à réduire l’anxiété liée au clipage et à offrir une plus grande tolérance, en particulier pour ceux qui ont du mal à positionner précisément leur pied. L’avantage supplémentaire est que la cale est rétrocompatible avec les pédales SPD existantes, et son prix est abordable (19,99 £ / 20 $ / 22,99 €).
Le Trek Checkout, un vélo de gravel à suspension intégrale, a suscité un débat passionné. Certains y voient une évolution naturelle de la discipline, tandis que d’autres le considèrent comme une aberration. L’approche de Trek a démontré les progrès technologiques réalisés sans s’aventurer complètement dans le domaine du VTT cross-country. Ce type de vélo pourrait être idéal pour les terrains mixtes où un vélo de gravel rigide ou à suspension avant serait insuffisant, mais un VTT semi-rigide ou tout-suspendu serait trop lent. Cependant, les critiques n’ont pas manqué, certains le surnommant ironiquement « CheckBounced ». Après son lancement officiel en septembre, Trek a expliqué que la conception à suspension visait à réduire la fatigue du cycliste lors des épreuves d’endurance de longue durée.
L’UCI a également été au centre de l’attention en 2025, notamment avec l’annonce de changements radicaux à sa réglementation sur le vélo, qui prendront effet le 1er janvier 2026. Ces changements concernent la largeur du guidon (400 mm), la distance entre les capots de frein (320 mm), la profondeur des jantes (65 mm maximum), les limites de largeur de fourche, la réglementation sur les casmets et l’élargissement de ses compétences pour enquêter sur le « dopage technologique ». Les limites de largeur du guidon ont été particulièrement critiquées, certains les jugeant discriminatoires envers les femmes et les petits cyclistes. Face à la polémique, l’UCI a finalement fait marche arrière, assouplissant les nouvelles règles. Par ailleurs, l’UCI a également proposé un essai sur les rapports de démultiplication maximaux au Tour du Guangxi, dans le but d’améliorer la sécurité des coureurs. Cette proposition a désavantagé les équipes sponsorisées par SRAM, qui utilisent des pignons de 10 dents, et a conduit à une action en justice de la part de la marque américaine. L’Autorité belge de la concurrence (BCA) a finalement ordonné à l’UCI de suspendre ses tests, estimant que le processus manquait de transparence et que SRAM risquait d’être injustement désavantagée.
Shimano a également franchi une étape importante en lançant son dérailleur arrière sans fil GRX Di2 RX827 en juin, marquant un tournant dans sa stratégie et laissant présager l’arrivée de groupes de route entièrement sans fil. Le lancement s’est fait par étapes, avec l’introduction d’un dérailleur arrière et d’un levier de vitesses Di2 sans fil à gauche uniquement, les autres composants étant empruntés aux variantes de groupe existantes de la marque. Shimano a également lancé un ensemble de dérailleur arrière et de levier SRAM Rival rivalisant avec le RX717. Ces lancements révèlent un nouveau protocole de compatibilité croisée, permettant de mélanger et d’assortir certains composants. Cela pourrait annoncer des nouveautés pour le prochain groupe phare de Shimano, Dura-Ace R9300.
Campagnolo a connu une année contrastée. Le lancement de Super Record 13 a été salué comme un signe de renouveau technologique, tandis que la marque italienne a dû faire face à des difficultés financières, avec la menace de suppressions d’emplois. Malgré ces défis, Campagnolo continue de développer de nouvelles offres de groupes milieu de gamme, ce qui est un signe positif pour l’avenir.
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