Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

Les appelants à la « bulle d’or » manquent encore une fois le point alors que la réalité macroéconomique change

L'or atteint des sommets historiques, mais certains experts préviennent d'une possible bulle spéculative. Un économiste de Capital Economics estime que le prix du métal précieux s'éloigne de sa valeur fondamentale et pourrait connaître une correction. John Higgins, économiste…

Les appelants à la « bulle d’or » manquent encore une fois le point alors que la réalité macroéconomique change

L’or atteint des sommets historiques, mais certains experts préviennent d’une possible bulle spéculative. Un économiste de Capital Economics estime que le prix du métal précieux s’éloigne de sa valeur fondamentale et pourrait connaître une correction.

John Higgins, économiste en chef des marchés chez Capital Economics, tire la sonnette d’alarme : le prix de l’or a dépassé de 60 % son précédent sommet de 1980, et plus de trois fois sa moyenne depuis cette date. « Aujourd’hui, le prix réel de l’or est près de 60 % supérieur à ce sommet, et plus de trois fois sa moyenne depuis 1980 », a-t-il déclaré. Selon lui, cette hausse ne se justifie pas par les facteurs traditionnels tels que la baisse des rendements obligataires réels ou une inflation élevée.

L’analyse de Higgins remet en question les modèles classiques qui lient le prix de l’or à l’évolution des rendements des obligations d’État. Il souligne que cette corrélation, autrefois étroite, s’est rompue ces dernières années, notamment depuis 2022. Il critique ceux qui s’appuient sur ces modèles obsolètes, estimant qu’ils ne tiennent pas compte des changements macroéconomiques profonds intervenus.

Certains observateurs du marché, cependant, nuancent ces inquiétudes. Ils soulignent que l’or a une fonction bien plus large que de simplement refléter les préoccupations inflationnistes ou les signaux du marché obligataire. Ils mettent en avant l’importance de la dette publique croissante et le rôle de l’or comme valeur refuge dans un contexte de confiance en baisse.

L’engouement actuel pour l’or est également alimenté par les tensions géopolitiques et les achats massifs des banques centrales. Récemment, des images ont circulé montrant des files d’attente devant les négociants en or, notamment en Australie, témoignant d’un phénomène de « FOMO » (Fear Of Missing Out – peur de manquer une opportunité) chez les investisseurs particuliers.

Un analyste, qui a couvert avec succès des positions courtes sur l’or par le passé, estime que le potentiel de hausse du métal précieux est loin d’être épuisé. « Compte tenu d’un édifice de dette massif et croissant, du marché obligataire qui n’est plus fiable comme indicateur de 1980 à 2022 et de la mauvaise pratique consistant à considérer l’or à travers ces lentilles, vous n’avez encore rien vu, à mon avis, en ce qui concerne le prix de l’or », a-t-il déclaré.

Il avertit que ceux qui ont suivi les conseils des « experts » ont déjà manqué une hausse de 2 000 à 4 000 dollars (environ 1 800 à 3 600 euros) et risquent de se laisser piéger à nouveau lors d’une éventuelle correction du marché.

L’analyste estime que, sauf en cas de krach boursier majeur, l’or continuera de progresser dans le nouveau contexte macroéconomique, très différent de celui qui prévalait jusqu’en 2022.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.