Publié le 22 novembre 2025 à 17h58. Une étude du Tree Standards Institute révèle que les arbres offrent des bénéfices économiques considérables tout au long de leur vie, allant jusqu’à 60 000 euros, et contribuent significativement à la santé publique et à la qualité de vie en milieu urbain.
- Un arbre peut générer jusqu’à 60 000 euros de bénéfices durant son existence.
- Les quartiers verdoyants favorisent la santé des habitants, réduisant l’obésité et le stress.
- Le volume de la canopée, et non le simple nombre d’arbres, devrait être la référence pour évaluer les bénéfices environnementaux.
Selon le Tree Standards Institute, les arbres ne sont pas seulement des éléments esthétiques, mais de véritables atouts économiques et sanitaires. L’institut a commandé à l’agence de recherche Rebel une évaluation du volume de la cime des arbres (l’ensemble des branches et des feuilles) par mètre cube dans les zones urbaines, afin de quantifier ces bénéfices.
Les habitants des quartiers où les arbres sont nombreux sont en meilleure santé. Ils ont tendance à marcher et à faire du vélo plus souvent, ce qui contribue à réduire l’obésité et le stress, et donc à diminuer les coûts de santé. Ces observations sont corroborées par de nombreuses études, comme le confirme récemment l’Université d’Utrecht.
L’étude de Rebel a révélé qu’un mètre cube de volume de cime d’arbre génère environ 2,52 euros par an, grâce aux nombreux services écosystémiques qu’il fournit : purification de l’air, refroidissement, amélioration du cadre de vie, captation du carbone et de l’eau.
Gert-Jan Nabuurs, professeur de forêt européenne à l’université de Wageningen, se montre prudent quant à la précision de cette évaluation.
« Il est difficile de chiffrer avec autant de précision les avantages d’une plus grande végétation en ville. La présence d’un parc attire les personnes qui pratiquent la course à pied, mais est-ce que davantage d’arbres dans la rue incitent également à l’exercice physique ? Dans les quartiers plus verts, on observe que les habitants présentent moins de problèmes psychologiques, ce qui a déjà été démontré par des recherches antérieures. »
Marc Meijer, directeur du Tree Standards Institute, reconnaît que les arbres sont plus souvent présents dans les quartiers aisés que dans les quartiers défavorisés. Cependant, il insiste sur les effets positifs sur la santé, confirmés par Nabuurs et son collègue Cecil Konijnendijk, chercheur et conseiller au Natured Bases Solutions Institute et professeur extraordinaire à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver, au Canada.
Konijnendijk a introduit en 2021 la règle empirique 3-30-300, qui stipule que chaque personne devrait avoir une vue sur au moins trois arbres matures depuis son domicile, que 30 % de chaque quartier devraient être couverts par la canopée des arbres, et qu’il devrait y avoir un parc ou un espace vert public dans un rayon de 300 mètres pour garantir un environnement de vie sain.
Cette règle est devenue une référence en matière de politique verte municipale. Konijnendijk souligne que de plus en plus d’études empiriques confirment les effets bénéfiques des arbres sur la santé.
« Dans la ville américaine de Louisville, on observe que l’on ajoute des arbres dans les quartiers défavorisés, puis on suit l’évolution des maladies cardiovasculaires. Les premiers résultats sont encourageants : les habitants marchent davantage et souffrent moins de la chaleur. »
Le Tree Standards Institute estime qu’il est essentiel d’adopter une norme nationale qui tienne compte du volume de la canopée plutôt que du simple nombre d’arbres ou du pourcentage de verdure par kilomètre carré.
« Il faut surtout mesurer le nombre de mètres cubes de canopée. Un arbre n’est pas un objet plat et bidimensionnel. Un grand chêne est très différent d’un jeune arbre avec quelques feuilles. »
explique Meijer.
En fixant une norme minimale de volume de canopée par kilomètre carré, la fondation souhaite fournir aux municipalités des outils pour élaborer des plans d’aménagement urbain favorisant la création de quartiers sains.
Les municipalités sont confrontées à un défi majeur en matière de construction en raison de la pénurie de logements, rappelle Meijer.
« Les communes utilisent souvent leurs propres normes concernant le nombre de mètres carrés de verdure par quartier, qui sont ensuite revues à la baisse lorsque d’autres priorités entrent en jeu. Il n’existe pas de norme nationale. »
Enfin, le Tree Standards Institute souligne l’importance d’attribuer une valeur économique aux bénéfices de la canopée.
« On entend souvent que ces arbres doivent être abattus pour faire place à des logements ou à une nouvelle route, et que cela va générer ‘tant’ de revenus. Il faut alors prendre en compte que les arbres ont également une valeur. »
conclut Meijer.