Les frappes aériennes américaines contre des trafiquants de drogue présumés dans les Caraïbes suscitent des inquiétudes quant à leur similitude avec des opérations controversées menées sous l’administration Obama, où l’identification des cibles reposait davantage sur des profils comportementaux que sur des preuves concrètes d’actes répréhensibles.
Selon des informations révélées par le New York Times, des responsables du Pentagone ont admis lors de réunions confidentielles qu’ils ne connaissent souvent pas l’identité des personnes tuées dans le cadre de cette campagne, présentée par la Maison Blanche comme une lutte contre le « narcoterrorisme ». Plus de 80 personnes auraient déjà péri dans ces opérations.
La représentante Sara Jacobs, membre du comité des services armés de la Chambre, a déclaré : « On nous a dit que ce n’était pas une frappe ciblée, car il ne s’agit pas seulement d’un mode de vie, mais ce n’est pas non plus comme s’ils connaissaient chaque personne à bord des bateaux. »
Cette approche rappelle les « frappes de signature » employées par l’administration Obama, principalement au Pakistan et au Yémen. Ces opérations se basaient sur la détection de schémas de comportement considérés comme indicatifs d’activités terroristes, sans nécessairement identifier des individus ayant commis des actes spécifiques. Cette méthode avait été vivement critiquée en raison de ses critères vagues – incluant parfois des définitions aussi larges que « homme en âge de servir dans l’armée » dans une zone de conflit – et des pertes civiles qu’elle avait engendrées.
Les responsables de l’administration Trump affirment que les frappes contre les bateaux en mer réduisent le risque de dommages collatéraux. Ils insistent également sur la différence fondamentale entre ces opérations et celles menées sous Obama, arguant qu’elles visent les stupéfiants et non des individus spécifiques.
Certains alliés des États-Unis, dont le Royaume-Uni, auraient refusé de participer à ces frappes, craignant qu’elles ne violent le droit international. Par ailleurs, des analystes suggèrent que ces opérations pourraient constituer une première étape vers un effort de déstabilisation du Venezuela, dont le président Nicolas Maduro est accusé par les États-Unis de diriger un cartel criminel.
Les assassinats de militants de bas niveau et de personnes simplement suspectées de l’être, ordonnés par l’administration Obama, avaient déjà été critiqués pour leur contre-productivité et leur potentiel à alimenter la radicalisation.