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Les avantages et les inconvénients du soutien aux startups étrangères

by Clara Dubois

La Silicon Valley attire de plus en plus les acteurs de l’écosystème entrepreneurial coréen, poussés par un accès facilité au financement et un marché plus vaste. Cette dynamique, soutenue par une évolution récente de la politique gouvernementale, suscite à la fois enthousiasme et interrogations quant à l’utilisation des fonds publics.

Plusieurs acteurs majeurs du secteur coréen des startups ont déjà pris position aux États-Unis. La Fondation Asan Nanum a inauguré le 12 novembre dernier à San Francisco « Maru SF », un espace dédié aux entrepreneurs coréens. Startup Alliance prévoit également l’ouverture d’un bureau dans la Silicon Valley l’année prochaine, et le ministère des PME et des startups s’apprête à lancer un « Startup Venture Campus » dans la même région dès janvier prochain.

L’investissement n’est pas en reste. Naver a créé en juin Naver Ventures aux États-Unis pour identifier les startups prometteuses. Parallèlement, des sociétés de capital-risque influentes telles que Korea Venture Investment, SpringCamp et IMM Investment ont ouvert ou envisagent d’ouvrir des bureaux dans la Silicon Valley. L’accélérateur de startups américain 500 Global a également renforcé sa présence locale pour intensifier sa collaboration avec les incubateurs coréens.

Ce mouvement est en partie rendu possible par une modification du décret d’application de la loi sur le soutien à la création de petites entreprises, intervenue au second semestre de l’année dernière. Cette révision permet désormais aux startups fondées à l’étranger par des citoyens coréens de bénéficier du financement du « Mother Fund », un fonds d’investissement public. Ainsi, une entreprise initialement créée en Corée et ayant ensuite transféré son siège aux États-Unis, ou même une startup lancée directement outre-Atlantique par un entrepreneur coréen, peut désormais être éligible à un soutien financier.

Cette évolution reflète une tendance croissante : les fondateurs coréens privilégient de plus en plus les États-Unis pour créer leur entreprise, attirés par un marché plus vaste, un accès plus facile aux investisseurs et la possibilité de recruter des talents de haut niveau. Même ceux qui lancent leur activité en Corée considèrent l’expansion internationale comme essentielle, rendant une implantation aux États-Unis presque inévitable.

Le gouvernement coréen, conscient de cette dynamique, a élargi le champ d’investissement du Mother Fund pour inclure les startups étrangères. Cette logique s’applique également aux sociétés de capital-risque et aux organisations de soutien aux startups nationales. L’objectif affiché est d’optimiser l’efficacité du soutien public à l’innovation.

Cependant, cette extension suscite des interrogations. Certains s’inquiètent de l’opportunité d’utiliser des fonds publics pour soutenir des entreprises basées à l’étranger. D’autres se demandent s’il est pertinent que des startups déjà implantées sur le marché américain continuent à dépendre du Mother Fund. Bien que le soutien aux startups fondées à l’étranger puisse se justifier si elles contribuent à la création d’emplois en Corée, il existe un risque de dépendance si ces entreprises rencontrent des difficultés à lever des fonds auprès d’investisseurs américains.

Par ailleurs, le suivi et la supervision de l’utilisation des fonds d’investissement s’avèrent plus complexes à distance. Bien que le ministère des PME et des startups et les agences associées prévoient d’établir des bureaux locaux, le contrôle sera inévitablement moins direct qu’au niveau national. Pour justifier l’extension du soutien du Mother Fund aux startups étrangères, le gouvernement devra donc mettre en place des mécanismes de contrôle et de supervision efficaces.

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