Publié le 18 janvier 2026 18h30. Les avocats du couple Moretti, mis en cause dans l’incendie de Crans-Montana, dénoncent des pressions politiques sur l’enquête et remettent en question la chronologie des événements, après une rencontre surprenante entre l’ambassadeur d’Italie et le procureur général valaisan.
Après deux semaines de silence, les défenseurs de Jacques et Jessica Moretti ont brisé le silence dimanche, lors d’une conférence de presse tenue dans leur cabinet genevois. Yaël Hayat, Nicola Meier et Patrick Michod ont exprimé leurs vives préoccupations quant au déroulement de l’enquête sur l’incendie qui a ravagé le bar « Le Constellation » à Crans-Montana, faisant 40 morts et 116 blessés. Ils s’interrogent notamment sur l’influence de l’Italie dans cette affaire.
Les avocats pointent du doigt une série de coïncidences troublantes. Ils s’étonnent que leurs clients soient convoqués à de nouveaux interrogatoires les 20 et 21 janvier, alors que le parquet valaisan avait initialement indiqué qu’aucun interrogatoire « immédiat » n’était prévu. Cette convocation intervient après une rencontre de plus d’une heure et demie le 13 janvier entre l’ambassadeur d’Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, et le procureur général du Valais, Béatrice Pilloud. Selon les avocats, cette chronologie soulève des questions légitimes sur l’indépendance de la justice.
« La question est de savoir si le parquet veut faire des concessions aux organes politiques », a estimé Yaël Hayat, avec prudence. Les défenseurs s’interrogent sur la possibilité que l’enquête soit influencée par des considérations politiques, d’autant plus qu’à la première conférence de presse sur l’incendie, la procureure générale était assise aux côtés de représentants de la commune de Crans-Montana et du canton du Valais.

Les avocats ont également tenu à clarifier certains points concernant les victimes. Ils ont contesté les affirmations des parents d’une serveuse décédée, qui affirmaient qu’elle n’avait pas de lien particulier avec le couple Moretti. Les défenseurs ont présenté des copies d’une carte de Noël et d’un message Whatsapp de la serveuse adressés aux Moretti, suggérant une relation plus étroite. Ils ont souligné que parmi les victimes, il y avait également des personnes proches du couple, comme le DJ, le personnel de sécurité et d’autres serveurs. « Les morts sont aussi leurs morts », a insisté Yaël Hayat, soulignant que ces personnes faisaient partie de la vie des Moretti et de leur établissement, « Le Constellation ».
L’objectif principal de cette première prise de parole publique, selon les avocats, est d’éviter que Jacques et Jessica Moretti ne soient présentés comme des « boucs émissaires » dans l’opinion publique, alors que d’autres acteurs pourraient également être impliqués dans la catastrophe. Ils appellent à une enquête approfondie et à l’interrogation d’autres personnes, notamment les responsables de la commune de Crans-Montana.
Le parquet valaisan n’a pas répondu aux sollicitations de la NZZ dimanche après-midi.