Publié le 19 janvier 2024 à 06h55. La tactique consistant à interrompre le jeu pour permettre aux équipes de se réorganiser, souvent exploitée par les gardiens de but, est dans le viseur des instances dirigeantes du football. L’IFAB étudie plusieurs solutions pour limiter cette pratique, jugée par certains comme un contournement des règles.
- L’IFAB (International Football Association Board) envisage de contraindre les équipes à remplacer un joueur de champ lorsqu’un gardien de but reçoit des soins.
- Des tests ont déjà été menés, notamment lors de la Coupe arabe, avec des interruptions de jeu allant jusqu’à deux minutes en cas de soins médicaux.
- La Premier League s’oppose à toute prolongation des interruptions au-delà des 30 secondes actuelles.
Cette tactique, devenue de plus en plus courante, consiste pour un gardien de but à simuler ou à exagérer une blessure afin de bénéficier d’un arrêt de jeu. Les dix joueurs de champ se précipitent alors vers la zone technique pour recevoir des instructions de leur entraîneur, profitant de ce temps d’arrêt pour se réorganiser tactiquement. Cette pratique est particulièrement visible lorsque les équipes sont en difficulté ou ont subi une expulsion.
En novembre dernier, Daniel Farke, l’entraîneur de Leeds United, avait publiquement accusé le gardien de Manchester City, Gianluigi Donnarumma, de feindre une blessure pour « contourner les règles ». Cette accusation souligne le mécontentement croissant face à cette stratégie.
Actuellement, lorsqu’un joueur de champ doit recevoir des soins, il doit quitter le terrain pendant 30 secondes. L’IFAB estime que cette règle ne s’applique pas de la même manière aux gardiens de but, d’où l’idée de lier l’interruption de jeu à un remplacement obligatoire d’un joueur de champ. Cependant, cette proposition suscite des débats, certains craignant qu’elle ne présume automatiquement d’une tricherie de la part du gardien, alors qu’il pourrait être réellement blessé.
L’IFAB reconnaît la nécessité d’agir et prévoit de tester ces nouvelles règles à des niveaux inférieurs la saison prochaine, afin d’évaluer leur impact avant une éventuelle généralisation. Si les 30 secondes actuelles sont jugées trop courtes, une prolongation de la durée de l’interruption de jeu est également envisageable.
Des expérimentations plus poussées ont déjà eu lieu. Lors de la Coupe arabe le mois dernier, la FIFA a testé une règle obligeant les joueurs à quitter le terrain pendant deux minutes s’ils recevaient l’attention du physiothérapeute. Cette approche est déjà en vigueur depuis deux ans en Major League Soccer (MLS) aux États-Unis, où les joueurs qui restent au sol pour recevoir des soins pendant plus de 15 secondes doivent s’absenter du terrain pendant deux minutes, avec quelques exceptions.
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