Home SantéLes cellules cérébrales des femmes comptent plus lentement que celles des hommes

Les cellules cérébrales des femmes comptent plus lentement que celles des hommes

by Sophie Martin

Publié le 26 décembre 2025 16:01:00. Des recherches récentes menées sur des souris révèlent des différences significatives dans la capacité de récupération du cerveau entre les mâles et les femelles, soulevant des questions importantes sur la vulnérabilité des femmes face aux lésions cérébrales.

  • Le cerveau, composé d’environ 86 milliards de neurones, ne peut pas se renouveler comme les autres cellules du corps.
  • Des scientifiques de l’Université Johns Hopkins ont constaté que le cerveau des souris femelles se rétablit beaucoup plus lentement que celui des mâles après une lésion.
  • Cette différence de récupération pourrait expliquer pourquoi les femmes sont plus susceptibles de souffrir de symptômes persistants après une commotion cérébrale ou une lésion cérébrale.

Chaque seconde, des milliards de signaux électriques parcourent notre cerveau, ce réseau complexe de 86 milliards de neurones qui définit qui nous sommes et nous permet de percevoir le monde qui nous entoure. Nos yeux captent la lumière, transmettent l’information via des cellules nerveuses jusqu’au cerveau, où le sens est créé. Malgré son incroyable ingéniosité, cet organe est particulièrement fragile.

Contrairement aux autres cellules de notre corps, les neurones ne peuvent pas se diviser et se renouveler. Une fois perdus, ils ne sont pas remplacés. Cependant, ils ont la capacité de se développer et de créer de nouvelles connexions, un processus étudié de près par les chercheurs.

Une équipe de scientifiques de la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins a publié un communiqué de presse concernant ses travaux sur ce processus chez la souris. Leurs découvertes ont révélé une disparité notable : le cerveau des souris femelles mettait beaucoup plus de temps à se rétablir après une lésion que celui des mâles.

Pour étudier la guérison d’une lésion cérébrale, les chercheurs ont d’abord dû provoquer des dommages contrôlés au cerveau d’un grand nombre de souris, sous anesthésie générale. Ils ont ensuite appliqué une pression de 50 grammes (environ 1,8 once) sur leur crâne. Après cette phase délicate, ils ont pu observer attentivement le processus de récupération.

L’impact a entraîné la perte de nombreuses cellules cérébrales chez les souris. Les neurones restants ont alors dû s’adapter rapidement à cette nouvelle situation. On peut comparer cela à une entreprise qui, après avoir licencié la moitié de ses employés, doit maintenir le même niveau de production. Les employés restants doivent alors travailler plus intensément. Dans le cerveau, les cellules ont réagi en créant de nouvelles branches et en formant davantage de connexions, un peu comme si l’on donnait à une personne la capacité d’envoyer deux fois plus de courriels.

Certaines fonctions cérébrales sont plus faciles à restaurer que d’autres. Si un employé particulièrement performant quitte l’entreprise, il sera plus difficile de le remplacer que quelqu’un qui a des compétences plus modestes. Il a donc fallu plus de temps pour que toutes les cellules cérébrales actives soient pleinement restaurées. Finalement, le réseau cérébral a pu se rétablir, et l’entreprise “Muizenbrain” a pu reprendre ses activités.

En observant cette reprise, les chercheurs ont constaté que le cerveau des souris mâles se rétablissait en moyenne en deux semaines, tandis que leurs homologues femelles avaient besoin de deux fois plus de temps. Dans certains cas, certaines zones du cerveau des femelles ne se sont même pas complètement rétablies.

« Nous ne nous attendions pas à cela », déclare le scientifique Athanasios S. Alexandris

Athanasios S. Alexandris, scientifique

Cette observation correspond aux données épidémiologiques, qui montrent que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de souffrir de symptômes persistants après une commotion cérébrale ou une lésion cérébrale.

Les mécanismes exacts qui expliquent cette différence de récupération chez les femmes restent à élucider. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre ce phénomène et développer des stratégies de traitement plus efficaces. Les souris, malheureusement, devront continuer à participer à ces études.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement du cerveau, vous pouvez consulter cet article : Utilisons-nous vraiment seulement 10 % de notre cerveau ?

Et pour mieux comprendre le lien entre la santé du cœur et celle du cerveau : Leonard Hofstra dans Het Consulting Hour : « La santé du cœur et celle du cerveau sont étroitement liées ».

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