Home Technologie et scienceLes champignons, cousins génétiques des humains, révèlent un ancêtre commun vieux de 2 milliards d’années

Les champignons, cousins génétiques des humains, révèlent un ancêtre commun vieux de 2 milliards d’années

by Thomas Caron
Un lien génétique inattendu entre humains et champignons

Les champignons partagent avec les animaux un ancêtre commun vieux de plus de deux milliards d’années, selon des travaux publiés en mai 2026 qui remettent en cause leur classement traditionnel parmi les plantes.

Un lien génétique inattendu entre humains et champignons

Les champignons ne sont pas des plantes. Cette affirmation, loin d’être une simple curiosité taxonomique, s’appuie désormais sur des découvertes génétiques récentes qui bouleversent la compréhension de l’arbre du vivant. Depuis des siècles, les champignons ont été associés aux végétaux en raison de leur immobilité et de leur mode de vie terrien. Pourtant, les analyses phylogénétiques les plus récentes, publiées dans des revues scientifiques en 2026, confirment ce que les biologistes évoquaient déjà depuis plusieurs années : les champignons sont génétiquement bien plus proches des animaux que des plantes.

Cette parenté inattendue trouve son origine dans un clade appelé opisthocontes, un groupe d’eucaryotes qui regroupe à la fois les animaux et les champignons (ou fungi). Selon des travaux cités par Futura Sciences en mai 2026, les deux règnes descendent d’un ancêtre commun vieux de plus de deux milliards d’années, bien avant l’apparition des plantes modernes. Cette découverte, basée sur des analyses génomiques approfondies, montre que les champignons et les animaux partagent des caractéristiques moléculaires et cellulaires absentes chez les végétaux.

Pourquoi cette distinction compte-t-elle ?

La classification des champignons parmi les plantes relevait davantage d’une habitude que d’une réalité scientifique. Leur mode de nutrition (par absorption plutôt que par photosynthèse) et leur absence de chlorophylle les éloignent déjà des végétaux. Mais c’est au niveau génétique que la rupture est la plus nette. Les champignons, comme les animaux, possèdent des cellules dépourvues de paroi cellulosique (caractéristique des plantes) et sont capables de synthétiser de la chitine, une molécule également présente dans l’exosquelette des arthropodes.

Des champignons peuvent-ils “zombifier” les humains, comme dans “The Last of Us” ?

Cette proximité génétique a des implications majeures en biologie évolutive. Elle suggère que les champignons et les animaux ont hérité de mécanismes communs, comme la capacité à dégrader des molécules complexes ou à interagir avec leur environnement de manière active. Par exemple, des études récentes, comme celles menées dans le cadre du projet CAZyMYC soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), explorent comment les champignons du microbiote intestinal humain interagissent avec notre organisme, révélant des similarités fonctionnelles avec les cellules animales.

Des implications pour la recherche et la santé

La redécouverte de cette parenté a des répercussions concrètes, notamment en médecine et en écologie. Les champignons, souvent perçus comme des organismes passifs, jouent en réalité un rôle clé dans les écosystèmes et dans la santé humaine. Leur capacité à dégrader des substances complexes, par exemple, est exploitée dans l’industrie pharmaceutique pour produire des antibiotiques ou des enzymes.

Des implications pour la recherche et la santé
Leur

En outre, la compréhension approfondie de leur génome permet d’envisager de nouvelles pistes thérapeutiques. Les infections fongiques invasives, bien que moins médiatisées que les maladies bactériennes, restent un défi majeur pour les systèmes de santé. Des projets comme HGDIFD, financé par l’ANR, visent à élucider les déterminismes génétiques de ces infections, en s’appuyant sur cette nouvelle vision phylogénétique.

Et demain ?

Les travaux en cours pourraient encore affiner notre compréhension des liens entre champignons, animaux et plantes. Une étude publiée sur bioRxiv en avril 2026 propose même de réévaluer l’ensemble de l’arbre du vivant eucaryote, en intégrant des données génomiques indépendantes pour mieux comprendre les transitions évolutives majeures. Si les champignons ne sont pas des plantes, ils ne sont pas non plus des animaux. Ils forment un règne à part, aux frontières floues mais aux implications scientifiques majeures.

Cette redécouverte invite à repenser notre rapport aux champignons, que ce soit dans notre assiette, dans nos forêts ou dans nos laboratoires. Leur histoire, bien plus complexe qu’on ne l’imaginait, continue de révéler des secrets sur l’origine et l’évolution de la vie sur Terre.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.