Les règles d’immigration en Norvège vont connaître un durcissement significatif dès 2026, impactant les demandes de résidence permanente, le regroupement familial et l’accès au marché du travail pour les étrangers. Ces changements, qui s’inscrivent dans une démarche d’alignement avec les politiques européennes, visent à rendre l’immigration plus sélective et à favoriser une intégration plus rapide.
À compter du 1er janvier 2026, la loi sur l’intégration (Integreringsloven) sera modifiée, mettant l’accent sur une approche axée sur l’emploi plutôt que sur la formation linguistique préalable. Pour les réfugiés et leurs familles bénéficiant du programme d’introduction, l’objectif est désormais d’intégrer rapidement le marché du travail, même avec des compétences linguistiques encore limitées. Les personnes ayant un niveau d’études secondaires ou supérieures devront consacrer au moins 15 heures par semaine à des stages, à un emploi rémunéré ou à des programmes d’emploi dès le troisième mois de leur arrivée. Pour celles n’ayant pas ce niveau d’études, cette exigence entrera en vigueur après six mois.
Les conditions d’obtention de la résidence permanente seront également plus strictes. Le gouvernement ne se contentera plus de la simple fréquentation de cours de norvégien. Les candidats devront obligatoirement réussir l’examen oral de norvégien (Norskprøve) au niveau A2 au minimum, ainsi que le test de connaissances sur la société norvégienne (Samfunnskunnskap) dans une langue qu’ils maîtrisent. Des exceptions sont prévues pour les personnes souffrant de problèmes de santé graves ou ayant suivi une formation complète en norvégien ou en sami, comme indiqué sur le site de la Direction de l’immigration (UDI).
Le regroupement familial sera également soumis à des critères plus exigeants. Le revenu annuel minimum requis pour le parrain résidant en Norvège s’élève désormais à 416 512 couronnes norvégiennes (NOK) avant impôts, à partir du 1er février 2025. Pour les demandes traitées avant cette date, le revenu requis est d’environ 334 875 NOK (2,7 G). À partir du 1er février 2026, il faudra justifier d’un revenu d’environ 396 889 NOK (3,2 G). De plus, le gouvernement envisage de supprimer le droit au regroupement familial pour les parents ou les frères et sœurs de personnes majeures déjà installées en Norvège avec leur propre famille, estimant que « les parents n’ont plus besoin de venir en Norvège ». Le regroupement familial pour les mineurs non accompagnés sera limité si cela n’est pas jugé conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant, afin de prévenir la traite des êtres humains et les mariages forcés.
En matière d’emploi, les salaires minimums exigés pour l’obtention d’un permis de travail ont été considérablement augmentés le 1er septembre 2025. Pour les emplois nécessitant un master, le salaire annuel brut minimum est de 599 200 NOK, tandis que pour les emplois nécessitant un baccalauréat, il s’élève à 522 600 NOK. Si une offre d’emploi ne respecte pas ces seuils, la demande de permis sera rejetée, même si l’entreprise souhaite embaucher le candidat. L’UDI peut toutefois accepter un salaire inférieur si des preuves solides démontrent qu’il s’agit de la norme pour le poste en question.
Par ailleurs, le gouvernement renforce ses pouvoirs en matière d’expulsion des ressortissants étrangers impliqués dans des activités criminelles. Les règles d’expulsion et de retrait de permis de séjour seront révisées afin de faciliter l’éloignement des personnes condamnées pour des crimes. La police se verra dotée de nouveaux outils pour lutter contre les réseaux criminels, notamment la possibilité d’expulser des individus liés à des groupes criminels, même en l’absence de condamnation en Norvège, sur la base d’un risque avéré.
Enfin, la Norvège, bien qu’elle ne fasse pas partie de l’Union européenne, adopte des règles de sécurité plus strictes et se conforme au « Pacte sur la migration et l’asile » de l’UE. Cela se traduira par des contrôles d’identité et des vérifications des antécédents plus approfondis pour les demandeurs d’asile et les migrants irréguliers, grâce à un système Eurodac mis à jour. Le gouvernement prévoit également de réduire le quota annuel de réfugiés à un minimum de 100 personnes et envisage de soutenir la création de centres de retour pour demandeurs d’asile en dehors de l’Europe.
Il est également important de noter que la citoyenneté norvégienne n’est pas un droit acquis. Elle peut être révoquée si des informations incorrectes ont été fournies lors de la demande, ou si la personne est reconnue coupable de crimes graves ou agit contre les « intérêts nationaux vitaux » de la Norvège. Des cas récents dans la communauté érythréenne ont montré que les autorités norvégiennes procèdent à des contrôles et à des retraits de citoyenneté pour des personnes ayant dissimulé des informations sur leurs antécédents ou les motifs de leur demande de protection.