Publié le 27 octobre 2025 18h38. L’échange vif entre Frans Timmermans, leader du GroenLinks-PvdA, et Geert Wilders, chef du PVV, a embrasé le Parlement néerlandais ce vendredi, suite à la diffusion de fausses images générées par intelligence artificielle visant plusieurs personnalités politiques.
- Frans Timmermans accuse deux députés du PVV d’avoir orchestré une « usine à haine » pendant une décennie.
- Geert Wilders s’est excusé, mais Timmermans estime que ces excuses ne suffisent pas et doivent s’étendre aux autres victimes de ces pratiques.
- Une vive altercation a opposé Timmermans et Wilders sur la situation à Gaza, avec des accusations mutuelles de justification de violence.
La polémique a éclaté après que Maikel Boon et Patrick Crijns, députés du PVV, aient diffusé de fausses photos de Frans Timmermans créées à l’aide de l’intelligence artificielle. Timmermans a dénoncé cette action comme le résultat de dix ans d’activités haineuses orchestrées par les deux députés. Il a qualifié les excuses présentées par Geert Wilders de « bonnes », mais a insisté sur le fait qu’elles ne pouvaient pas être considérées comme une solution suffisante.
Timmermans a souligné que ces excuses devraient également être adressées à toutes les personnes aux Pays-Bas qui ont été victimes de la diffusion de fausses images générées par IA sur les réseaux sociaux, notamment les minorités et les réfugiés. Il a insisté sur la nécessité de reconnaître l’impact de ces pratiques sur l’ensemble de la société.
Geert Wilders a répliqué en accusant Timmermans d’appliquer une double norme. Il a rappelé qu’une affiche du Forum des Droits, affirmant que les dirigeants des partis PVV, BBB et VVD avaient soutenu le génocide à Gaza, n’avait pas suscité de réaction similaire de la part de Timmermans. Il a également souligné l’implication d’anciens ministres du PvdA, tels que Jan Pronk et Hedy d’Ancona, dans le Forum des Droits, et leur rôle actuel au sein de la liste GroenLinks-PvdA.
Timmermans a qualifié cette défense de « mauvaise diversion ». Il a ensuite confronté Wilders sur ses liens étroits avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, affirmant que ce dernier était responsable de la mort d’environ 67 000 personnes à Gaza.
« Vous justifiez le génocide, Monsieur Wilders. »
Frans Timmermans, leader du GroenLinks-PvdA
Cette déclaration a suscité des applaudissements dans l’hémicycle. Dilan Yesilgöz, chef du parti VVD, est intervenue pour demander des comptes à Wilders et Timmermans sur les messages « polarisants » qu’ils publient sur les réseaux sociaux, sans pour autant condamner directement les actions des députés du PVV.
Joost Eerdmans, de JA21, a critiqué l’attitude de Yesilgöz, lui reprochant d’avoir elle-même tenu des propos polarisants récemment. Il a évoqué, sans donner de détails, l’émeute autour de Douwe Bob, lors de laquelle Yesilgöz avait accusé le chanteur sur X (anciennement Twitter) de « haine des Juifs », un incident qui continue de susciter la controverse.