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Les chefs militaires russes torturent et exécutent les soldats qui refusent de combattre en Ukraine, selon un rapport

Publié le 30 octobre 2025 14:56:00. Des commandants de l'armée russe seraient responsables d'exécutions sommaires et de tortures de soldats refusant de combattre en Ukraine, selon une enquête accablante menée par le site d'information indépendant Verstka. Ces pratiques,…

Les chefs militaires russes torturent et exécutent les soldats qui refusent de combattre en Ukraine, selon un rapport

Publié le 30 octobre 2025 14:56:00. Des commandants de l’armée russe seraient responsables d’exécutions sommaires et de tortures de soldats refusant de combattre en Ukraine, selon une enquête accablante menée par le site d’information indépendant Verstka. Ces pratiques, qui s’étendent désormais aux unités régulières, révèlent un climat de terreur et d’impunité au sein des forces armées russes.

  • Une enquête de Verstka identifie 101 soldats russes soupçonnés d’avoir tué, torturé ou exécuté leurs propres camarades.
  • Des témoignages font état de l’utilisation de « tireurs d’élite » pour éliminer les réfractaires, de soldats blessés abandonnés à leur sort, et de cas d’extorsion pour éviter l’envoi au front.
  • Malgré des preuves accablantes et près de 29 000 plaintes déposées auprès du parquet militaire, une interdiction informelle d’enquêter sur les commandants en zone de combat favoriserait l’impunité.

L’enquête de Verstka, basée sur des témoignages de soldats en service, de proches de victimes, de vidéos diffusées et de plaintes officielles, met en lumière des allégations persistantes concernant les méthodes brutales employées par certains commandants russes en Ukraine. Si le Kremlin a toujours nié ces accusations, les trouvant similaires à celles visant l’armée ukrainienne, les preuves recueillies par Verstka suggèrent une réalité bien plus sombre.

Selon les témoignages recueillis, des commandants auraient désigné des individus comme « tireurs d’élite » chargés d’éliminer les soldats refusant de combattre. Les corps de ces derniers étaient ensuite jetés dans des rivières ou enterrés sommairement, puis enregistrés comme des décès survenus au combat. D’autres récits évoquent l’utilisation de drones et d’explosifs pour « se débarrasser » des soldats blessés ou en retraite, certains officiers ordonnant à des opérateurs de drones de larguer des grenades sur leurs propres troupes, maquillant ainsi les victimes en pertes au combat.

Photo : TATYANA MAKEYEVA/AFP

L’enquête révèle également des cas de torture à mort. Des soldats refusant d’obéir aux ordres étaient jetés dans des fosses recouvertes de grilles métalliques, aspergés d’eau et battus pendant des heures, voire des jours. Dans certains cas, ils étaient contraints de participer à des combats à mort improvisés, rappelant les jeux du gladiateur.

Une vidéo diffusée en mai 2025 par des groupes ukrainiens surveillant les forces russes illustre la brutalité de ces pratiques. Les images montrent deux hommes nus se battant dans une fosse, tandis qu’une voix off déclare : « Le commandant Kama a dit que celui qui battait l’autre à mort pouvait sortir de la fosse. » Le combat se poursuit jusqu’à ce que l’un des hommes s’effondre, immobile.

Verstka a également documenté des cas d’extorsion, où des commandants exigeaient de l’argent des soldats en échange de ne pas les envoyer en mission suicide. Ceux qui ne pouvaient pas payer ou refusaient de le faire étaient, dans le jargon militaire, « mis à zéro », c’est-à-dire liquidés. D’autres soldats étaient délibérément envoyés en première ligne, agissant comme des « phares » (mayachski) pour attirer les tirs ennemis.

Initialement, les rapports d’exécutions sommaires concernaient principalement les unités pénales composées de dizaines de milliers de prisonniers recrutés. Cependant, l’enquête de Verstka démontre que ces pratiques se sont étendues aux unités régulières de l’armée russe.

La plupart des auteurs identifiés sont des officiers de niveau intermédiaire, âgés de trente à quarante ans, dont beaucoup sont des vétérans de campagnes précédentes ou ont été transférés de bataillons punitifs. Verstka affirme avoir recueilli des données biographiques détaillées sur plus de 60 des 101 auteurs présumés, incluant leur nom, grade, âge et formation. Malgré l’abondance de preuves, peu de personnes ont été tenues responsables de ces actes.

Selon des données officielles obtenues par Verstka, le principal parquet militaire de Russie a reçu près de 29 000 plaintes de soldats et de leurs familles au cours du premier semestre 2025, dont plus de 12 000 concernaient des sanctions imposées par leurs supérieurs. Une source au sein du bureau du procureur militaire a révélé qu’il existait une interdiction informelle d’enquêter sur les affaires impliquant des commandants en zone de combat.

« On nous dit : ‘Ouvrir cela nuirait aux opérations.’ Cela signifie que ces officiers jouissent d’une impunité totale. »

Source anonyme, bureau du procureur militaire

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article du Guardian.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.