Publié le 1er octobre 2025 à 00:59:00. Des chercheurs en cybersécurité mettent en garde contre de graves failles de sécurité dans le robot humanoïde Uniree G1, capable d’envoyer discrètement des données à la Chine et potentiellement de servir de vecteur à des cyberattaques.
- Le robot G1 présente une vulnérabilité critique dans sa connexion Bluetooth, permettant à un pirate de prendre le contrôle total du système avec une clé de chiffrement simpliste.
- Le robot transmet secrètement des données à des serveurs en Chine toutes les cinq minutes, sans le consentement de l’utilisateur.
- Les chercheurs ont tenté d’alerter Uniree sans succès et ont rendu publics leurs résultats pour souligner l’urgence d’améliorer la sécurité des robots humanoïdes.
Des robots humanoïdes, de plus en plus présents dans les laboratoires, les entreprises et même les infrastructures critiques, pourraient bien être une porte ouverte aux cyberattaques. C’est l’avertissement lancé par des experts en cybersécurité après avoir découvert de sérieuses failles de sécurité dans le robot humanoïde Uniree G1.
Dans une étude récemment publiée sur le serveur de prépublications arxiv, les chercheurs d’Alias Robotics décrivent en détail les résultats de leur audit de sécurité du G1. Ils ont analysé son logiciel interne et surveillé ses communications pour identifier les points faibles.
La vulnérabilité la plus préoccupante concerne la configuration Bluetooth Low Energy (BLE) du robot, utilisée pour se connecter au Wi-Fi. L’étude révèle que le chiffrement protégeant ce processus est extrêmement faible et facilement contournable. Il suffit de crypter le mot « Uniree » avec une clé secrète codée en dur dans le robot pour prendre le contrôle de l’ensemble du système. Un pirate pourrait ainsi injecter des commandes malveillantes, compromettant le robot ou l’utiliser pour attaquer d’autres appareils.
Autre source d’inquiétude : le G1 agit comme un cheval de Troie, transmettant discrètement et continuellement des données à des serveurs situés en Chine toutes les cinq minutes, à l’insu de l’utilisateur. De plus, l’ordinateur embarqué du robot pourrait être détourné à des fins offensives.
La méthode de chiffrement personnalisée utilisée par le robot pour protéger ses fichiers de configuration interne est également défectueuse. Elle repose sur une clé statique unique à tous les robots, ce qui signifie qu’une fois la clé compromise sur un seul appareil, tous les autres sont vulnérables.
Les chercheurs soulignent la nécessité d’une approche fondamentalement nouvelle en matière de sécurité des robots humanoïdes, en particulier ceux déployés dans des environnements sensibles. Ils estiment qu’il faut développer des cadres d’intelligence artificielle adaptatifs capables de faire face aux défis spécifiques posés par ces systèmes complexes. Comme le soulignent les auteurs de l’étude, « Nos résultats indiquent que la sécurisation des robots humanoïdes nécessite des changements de paradigme fondamentaux vers des cadres d’IA de cybersécurité adaptatif capables de relever les défis uniques inhérents aux systèmes de convergence des cyber. »
Après une première prise de contact, l’entreprise Uniree a cessé de répondre aux sollicitations des chercheurs, qui ont donc décidé de rendre leurs conclusions publiques.
Plus d’informations: Víctor Mayoral-Vilches et al, Cybersecurity AI: Humanoid Robots en tant que vecteurs d’attaque, arxiv (2025). Doi: 10.48550 / arxiv.2509.14139
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