Les demandeurs d’emploi luxembourgeois devront désormais effectuer toutes leurs démarches de chômage en ligne, via la nouvelle plateforme MyADEM et en utilisant leur certificat LuxTrust. Cette loi, adoptée par les députés juste avant les vacances de Noël, vise à accélérer et à mieux contrôler le traitement des allocations, malgré les réserves initiales du Conseil d’État et les inquiétudes exprimées par les syndicats.
Le principal changement introduit par la loi concerne la dématérialisation complète des demandes d’indemnisation. À l’avenir, il ne sera plus possible de déposer un dossier papier. Les demandeurs d’emploi disposeront de quatre semaines, contre deux auparavant, après l’ouverture de leur droit pour introduire leur demande.
L’obligation de recourir uniquement à la voie électronique avait initialement suscité de fortes critiques, notamment de la part du Conseil d’État, qui y voyait une violation du principe constitutionnel d’égalité de traitement. Dans un premier temps, le Conseil d’État s’était opposé formellement au projet de loi, estimant qu’il excluait de facto les personnes sans accès à internet ou ne maîtrisant pas les outils numériques. Il avait également souligné que la simple possibilité d’une assistance par les agents de l’ADEM, mentionnée dans l’exposé des motifs, ne suffisait pas à garantir un accès équitable aux droits.
Le gouvernement a finalement rectifié le tir en ajoutant des dispositions garantissant aux demandeurs d’emploi l’accès gratuit au matériel informatique, à l’assistance et, en dernier recours, à une version papier des démarches. Le Conseil d’État a pu lever son opposition formelle le 7 octobre 2025, après ces modifications.
Malgré ces ajustements, la Chambre des Salariés (CSL) reste opposée à la loi. Elle déplore l’absence de consultation des partenaires sociaux et critique le fait que la commission de suivi de l’ADEM n’ait pas été réunie depuis 2017, malgré les obligations légales. La CSL réclame la convocation rapide de cette commission, notamment pour discuter de l’utilisation de l’intelligence artificielle par l’ADEM.
« Nous rejetons l’idée d’imposer la demande de chômage exclusivement en ligne, estimant cette mesure discriminatoire pour les personnes sans accès ou compétences numériques », a déclaré un représentant de la CSL. L’organisation syndicale insiste pour que la demande puisse être introduite également par écrit, avec confirmation de réception et assistance des agents de l’ADEM. Elle souligne que la digitalisation ne doit pas se faire au détriment de l’accompagnement humain, essentiel pour les demandeurs d’emploi vulnérables.
La CSL exprime également des inquiétudes quant à la capacité de l’ADEM à fournir une assistance adéquate à tous les demandeurs d’emploi en difficulté, en raison d’un éventuel manque de personnel ou de volonté. Elle craint que certains demandeurs ne soient pas en mesure de bénéficier pleinement du traitement digital de leur demande et soient ainsi désavantagés.
Le projet de loi a été adopté le 18 décembre à l’unanimité, à l’exception du vote défavorable de l’ADR.
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