Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Les dépenses du NHS pour le TDAH dépassent le budget de 164 millions de livres sterling alors que les cliniques non réglementées explosent | Nouvelles du Royaume-Uni

Publié le 12 janvier 2026 à 23h50. Les dépenses liées au trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) explosent au Royaume-Uni, avec une dépendance croissante aux diagnostics privés non réglementés qui soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à…

Les dépenses du NHS pour le TDAH dépassent le budget de 164 millions de livres sterling alors que les cliniques non réglementées explosent | Nouvelles du Royaume-Uni

Publié le 12 janvier 2026 à 23h50. Les dépenses liées au trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) explosent au Royaume-Uni, avec une dépendance croissante aux diagnostics privés non réglementés qui soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la qualité des soins et à l’utilisation des fonds publics.

  • Le NHS britannique dépense désormais plus de 164 millions de livres sterling (environ 237 millions d’euros) par an pour les services liés au TDAH, un chiffre en constante augmentation.
  • Les dépenses consacrées aux évaluations privées ont plus que triplé en trois ans, atteignant 58 millions de livres sterling (environ 84 millions d’euros) en 2023-2024.
  • Des cas de mauvaise coordination des soins et de diagnostics potentiellement erronés après des évaluations privées ont été signalés, ainsi qu’un décès lié à une prescription inappropriée.

Le système de santé britannique (NHS) est confronté à une crise croissante concernant le diagnostic et la prise en charge du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Une enquête menée par le Guardian révèle que les dépenses consacrées à ce trouble atteignent des niveaux records, dépassant désormais 164 millions de livres sterling (environ 237 millions d’euros) par an. Cette augmentation est en partie due à une demande sans précédent, avec plus d’un demi-million de personnes attendant actuellement une évaluation.

L’analyse des données montre que les dépenses totales devraient dépasser les 314 millions de livres sterling (environ 456 millions d’euros) d’ici avril 2026, soit plus du double du budget annuel alloué à ce domaine de la santé. Face à des listes d’attente interminables au sein du NHS, de nombreux patients se tournent vers le secteur privé, ce qui entraîne une augmentation significative des dépenses privées.

Cette tendance inquiète les experts, qui mettent en garde contre le manque de réglementation et de contrôle qualité des prestataires privés. Des évaluations peu fiables et un manque de continuité des soins après un diagnostic privé ont été signalés. Le rapport du Centre pour la santé et l’intérêt public (CHPI) révèle qu’une entreprise, récemment rachetée par une société de capital-investissement, a affiché des marges bénéficiaires de 33 % au cours des deux dernières années grâce à la fourniture de services au NHS. De plus, quatorze autres entreprises ont réalisé des évaluations financées par le NHS sans être enregistrées auprès de la Care Quality Commission, l’organisme de régulation des services de santé et sociaux en Angleterre.

Le système du « droit de choisir », qui permet aux patients de choisir leur prestataire, y compris privé, pour éviter les longues listes d’attente, est particulièrement pointé du doigt. Selon le CHPI, ce système est facile d’accès pour les investisseurs, car une entreprise n’a besoin que d’un seul contrat pour traiter des patients dans tout le pays, sans limite au nombre de patients qu’elle peut prendre en charge.

Un cas tragique illustre les dangers potentiels de ce système. En janvier, un coroner a publié un rapport de prévention des décès futurs concernant le suicide de Sheridan Pickett, 27 ans, qui avait reçu un diagnostic de TDAH en ligne et s’était vu prescrire des médicaments stimulants par une clinique privée. Le rapport du coroner a révélé qu’aucune information n’avait été transmise au prestataire privé lorsque Pickett a été admis à l’hôpital après une surdose, et que les médicaments contre le TDAH ne devaient pas être repris. Le coroner a souligné l’absence de règles formelles exigeant le partage d’informations entre les services privés et le NHS, avertissant que des décès similaires pourraient se produire.

« Les services sont au point de rupture et les coûts du NHS ont grimpé tandis que les prestataires privés profitent de systèmes mal réglementés, laissant trop de patients dans l’incertitude sans surveillance appropriée. »

Jo Platt, présidente du groupe parlementaire multipartite sur le TDAH

Un clinicien du NHS, souhaitant rester anonyme, a déclaré : « Je fais moi-même du travail privé, mais je m’assure que tout ce que je produis est conforme aux normes de qualité du NHS et des normes nationales pour les évaluations du TDAH. Certains prestataires privés fournissent des évaluations de bonne qualité, mais j’estime qu’environ 70 à 80 % ne le font pas, et il y en a certains avec lesquels je ne travaillerai tout simplement pas lorsque je verrai leur nom sur le rapport. »

Andrew Jay, fondateur de la plateforme de soutien à la neurodiversité Divergence, a mené un audit des évaluations, y compris celles des prestataires du « droit de choisir », et a constaté que seulement 6 % répondaient aux normes de qualité établies par le UK Adult ADHD Network.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a déclaré qu’il avait lancé une étude indépendante pour examiner la manière dont les services de TDAH, de santé mentale et d’autisme sont fournis, afin de garantir que les patients reçoivent le soutien approprié. Le rapport du groupe de travail indépendant sur le TDAH a reconnu la nécessité d’une amélioration rapide. Le NHS England a également lancé une consultation sur le financement des systèmes locaux afin de garantir un remboursement approprié des services.

Le NHS a reconnu qu’il avait beaucoup à faire pour améliorer les services pour le TDAH et réduire les délais d’attente pour un diagnostic.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.