Publié le 17 janvier 2026 à 10h59. Des menaces et des messages de harcèlement se multiplient à l’encontre des acteurs du secteur éolien en Norvège, révélant une escalade de la violence verbale dans le débat sur la transition énergétique.
- John Amund Lund et d’autres professionnels de l’énergie éolienne ont reçu des menaces sérieuses et des messages intimidants.
- Plusieurs de ces menaces ont été signalées à la police, entraînant des amendes pour certains expéditeurs.
- Des organisations comme Motvind Norge dénoncent un climat de haine en ligne, parfois associé à des idéologies d’extrême droite.
Les acteurs du secteur éolien norvégien sont de plus en plus confrontés à une vague de menaces et de harcèlement, témoignant d’une polarisation croissante autour du développement de cette énergie renouvelable. John Amund Lund, travaillant pour Norsk Vind, relate avoir reçu un flot de messages désagréables ces dernières années, allant jusqu’à des menaces explicites.
« Depuis plusieurs années dans l’industrie éolienne, j’ai reçu mon lot de messages désagréables liés au travail. Nous devons supporter beaucoup de choses, mais il y a une limite, même pour moi », confie John Amund Lund, près de l’E18 à Omre, dans la commune de Grimstad, où son entreprise projette un nouveau parc éolien, un projet qui suscite déjà de vives réactions dans la région.
Si les confrontations directes restent rares, ce sont les menaces envoyées par SMS et par e-mail qui inquiètent. M. Lund a notamment porté plainte après avoir reçu un message particulièrement virulent d’un opposant à l’énergie éolienne dans la région d’Agder. NRK a pu consulter les documents relatifs à cette affaire, qui s’est soldée par une amende pour l’expéditeur.

John Amund Lund en a assez des menaces dans les affaires éoliennes.
Photo : Kjetil Samuelsen / NRK
Norsk Vind a également signalé à la police plusieurs cas similaires et a demandé une évaluation de la sécurité de ses employés. Le directeur général, Per Ove Skorpen, souligne que ces menaces affectent non seulement les employés, mais aussi leurs familles. « Certaines formulations sont assez concrètes et brutales. Cela signifie que dans certains contextes, vous « regardez davantage par-dessus votre épaule » », explique-t-il.

Ici à Omre à Grimstad, Norsk Vind prévoit des éoliennes. Cela a créé un formidable engagement au sein de la communauté locale.
Illustration : vent norvégien
L’organisation Motvind Norge, qui s’oppose au développement de l’énergie éolienne en Norvège, dénonce également les incitations à la haine et les attaques personnelles dont sont victimes ses membres et ses représentants. John Fiskvik, son président, affirme que l’organisation prend ses distances avec toute forme de violence et de menace. « Les menaces constituent des infractions pénales et relèvent de la responsabilité de la police et de la justice », souligne-t-il.
Motvind Norge fait également état de messages comportant des références à des idéologies d’extrême droite. L’organisation modère autant que possible les commentaires sur ses plateformes, mais reconnaît la difficulté de contrôler totalement le discours en ligne.
Kristin Linnerud, professeure à la NMBU (Université norvégienne de l’environnement et des sciences de la vie), estime que l’industrie éolienne doit améliorer sa communication et impliquer davantage les communautés locales. « Je pense qu’un recours accru aux enquêtes et aux entretiens avec les personnes réellement concernées pourrait améliorer la compréhension de ces questions », explique-t-elle. Elle critique également le rythme rapide du développement de l’énergie éolienne en Norvège, qui ne laisse pas suffisamment de temps pour tirer les leçons des erreurs passées.
John Amund Lund, pour sa part, appelle à un débat plus constructif et à une fin de la polarisation. « Cela deviendra facilement une conversation publique fragmentée et polarisée. Les solutions simples sont facilement survendues », conclut-il. Il souligne que la transition énergétique implique des choix difficiles et qu’il n’existe pas de solution miracle.
Publié
17 janvier 2026, à 10h59
Mis à jour
17 janvier 2026, à 11h23
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