Home AffairesLes diplômes qui enseignent la pensée critique ne peuvent jamais être une « arnaque » | Universités

Les diplômes qui enseignent la pensée critique ne peuvent jamais être une « arnaque » | Universités

by Amélie Bernard

Publié le 16 octobre 2025 à 16h47. La récente critique de Francesca Simon à l’égard des promesses de Kemi Badenoch de supprimer les diplômes jugés « frauduleux » a suscité un débat sur la valeur des études en sciences humaines et leur contribution à la société, au-delà des seuls critères économiques.

  • Plusieurs lecteurs soulignent l’importance des compétences développées grâce aux études en sciences humaines, allant de l’analyse critique à la compréhension des enjeux politiques et sociaux.
  • La campagne de Kemi Badenoch est perçue comme une simplification excessive, ignorant la contribution économique de certains secteurs liés aux sciences humaines et le droit légitime à l’étude pour le plaisir.
  • Des témoignages mettent en avant la nécessité d’une pensée critique et d’une perspective historique pour faire face aux défis contemporains.

La polémique a été relancée par un article de Francesca Simon, qui défend l’utilité de son propre diplôme en sciences humaines, même si celui-ci ne correspond pas aux critères d’employabilité immédiate souvent privilégiés. Léon Craig, basé à Berlin, insiste sur le fait que l’étude de l’anglais ancien et moyen offre une compréhension contextuelle essentielle de la vie britannique moderne, des fondements du droit aux dynamiques régionales actuelles. Il met également en avant des compétences professionnelles acquises grâce à ces études, comme la capacité à déchiffrer des documents manuscrits complexes ou à interpréter les messages implicites.

Polly Llwynfedwen, de Brecon au Pays de Galles, dénonce une vision étroite de la valeur des diplômes. Elle rappelle que les sciences sociales couvrent un large éventail de disciplines, éclairant des domaines cruciaux tels que la santé, le logement, l’éducation et la fiscalité. Elle souligne que la campagne de Kemi Badenoch ne tient pas compte de l’impact économique positif de secteurs comme le tourisme, l’événementiel ou même la gestion de terrains de golf, et va à l’encontre du principe même de l’individualisme en limitant le choix des études.

Le révérend Tim Evans, de Lancaster, partage un souvenir personnel qui illustre l’importance de la pensée critique. En 1976, un étudiant zimbabwéen lui expliqua qu’il choisissait de faire de la philosophie, non pas pour des raisons pratiques, mais pour former des esprits capables de résister à la tyrannie. Il cite l’exemple d’Idi Amin, mais reconnaît que même après son régime, le Zimbabwe a connu des difficultés sous Robert Mugabe. Il conclut que la pensée critique et la perspective historique sont plus nécessaires que jamais pour comprendre les défis du monde actuel.

Enfin, Éléonore Jardine, de Hertford, établit un parallèle entre les leçons de base en concepts politiques dispensées par le Dr Jan Udris et les diplômes dénigrés par le parti conservateur. Elle affirme que ces enseignements visent à former des esprits capables d’analyser, de débattre et de dénoncer les absurdités, ce qui explique pourquoi ils sont perçus comme dangereux par certains.

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