Publié le 16 octobre 2025 à 17h19. Les divorces de la génération Z sont de plus en plus complexes, en raison de l’essor des cryptomonnaies, de l’empreinte numérique croissante et de la difficulté à définir clairement la propriété des biens acquis avant le mariage.
- Le nombre de litiges concernant le partage des biens antérieurs au mariage a plus que triplé en deux ans.
- Les cryptomonnaies et les actifs numériques rendent l’évaluation du patrimoine plus difficile.
- Les couples de la génération Z sont plus enclins à conclure des accords matrimoniaux, mais leur validité peut être contestée.
Les avocats spécialisés en droit de la famille constatent une augmentation significative des difficultés rencontrées lors des divorces impliquant des membres de la génération Z (nés entre 1997 et 2006). L’étude récente du cabinet Nockolds révèle que les contentieux liés à la « matrimonialisation » – le processus par lequel des biens personnels sont considérés comme communs en raison d’une gestion financière partagée pendant le mariage – ont explosé. On dénombre environ 3 200 affaires de ce type en 2024-2025, contre 1 200 l’année précédente et seulement 800 en 2022-2023.
Cette hausse est attribuée à plusieurs facteurs. D’une part, les structures patrimoniales sont de plus en plus complexes, avec l’utilisation croissante de fiducies offshore et de sociétés d’investissement familiales, qui brouillent les frontières entre patrimoine personnel et biens communs. D’autre part, la génération Z possède une « empreinte numérique » beaucoup plus importante que ses aînés, ce qui soulève des questions inédites en matière de vie privée, de réputation et de harcèlement en ligne après une séparation.
Les cryptomonnaies représentent un défi particulier. Leur valeur fluctuante rend difficile l’évaluation précise des avoirs et peut entraîner des pertes importantes en cas de divorce. Comme le souligne Joanne Edwards, associée au cabinet d’avocats Forsters,
« La richesse d’aujourd’hui pourrait disparaître demain »
Joanne Edwards, associée au cabinet d’avocats Forsters
Même si les couples de la génération Z ne sont pas toujours fortunés, la combinaison d’actifs numériques et de dettes partagées peut engendrer des complications juridiques considérables. Parallèlement, les mentalités évoluent : Suzanne Todd, associée chez Withers, observe que le divorce est de moins en moins stigmatisé. Depuis 2022, le divorce « sans faute » est possible au Royaume-Uni, ce qui simplifie les procédures et évite d’attribuer une responsabilité à l’un des époux. Elle explique :
« Il n’y a plus de dénigrement dans les demandes de divorce »
Suzanne Todd, associée chez Withers
Face à ces défis, les accords matrimoniaux (contrats de mariage) gagnent en popularité auprès des jeunes couples. Ils permettent de définir à l’avance les modalités du partage des biens en cas de divorce. Cependant, Kaja Viknes, avocate chez Nockolds, met en garde contre les risques liés à ces accords : leur portée et leur validité peuvent être contestées devant les tribunaux, en raison de l’ambiguïté de certaines clauses et du pouvoir d’interprétation des juges.
En 2022, l’Angleterre et le Pays de Galles ont enregistré le plus grand nombre de mariages depuis 2016. Bien que le taux de mariage ait diminué chez les jeunes adultes depuis les années 1940, il s’est stabilisé pour la génération Z, qui a souvent choisi de retarder le mariage pour se concentrer sur ses études et sa carrière.
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