Des documents internes confidentiels révèlent l’ampleur des opérations de renseignement menées par l’agence américaine de l’Immigration et des Douanes (ICE), bien au-delà de ses missions traditionnelles de contrôle aux frontières. Ces révélations, obtenues par un journaliste d’investigation, mettent en lumière une stratégie de collecte d’informations à grande échelle ciblant aussi bien les migrants que les citoyens américains.
Le dossier, classé « Law Enforcement Sensitive » (sensible pour les forces de l’ordre), a été transmis au journaliste Ken Klippenstein par un agent de la Border Patrol (police aux frontières) désabusé par le secret entourant ces activités. Il détaille 21 « opérations majeures » lancées par l’ICE depuis juin dernier, ayant conduit à 6 852 arrestations.
Ces opérations, baptisées de noms évocateurs tels que « Benchwarmer », « Abracadabra », « Tidal Wave » ou « Fleur de Lis », ne se limitent pas à des actions répressives classiques. Elles visent à tisser un réseau d’informateurs parmi les personnes détenues, à collecter des renseignements dans les quartiers, et à croiser les données relatives aux citoyens et aux migrants. Chaque arrestation est ainsi considérée comme une source potentielle d’informations.
Selon les documents, l’ICE a dépassé sa fonction administrative initiale liée à l’immigration pour se transformer en une véritable agence de renseignement. « L’appareil a depuis longtemps dépassé la fonction administrative liée à l’immigration », indique le dossier. L’objectif est de transformer chaque arrestation en une opportunité de collecter des renseignements.
Ken Klippenstein, qui travaille de manière indépendante, s’est imposé au fil des années comme un interlocuteur privilégié pour les agents fédéraux souhaitant témoigner en dehors des circuits officiels, notamment lorsque le Congrès reste silencieux. Il a ainsi pu obtenir ces informations sensibles, qui dressent un tableau préoccupant des pratiques de l’ICE.
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