Home SantéLes échouages ​​de baleines et de dauphins révèlent des maladies et des traumatismes répandus

Les échouages ​​de baleines et de dauphins révèlent des maladies et des traumatismes répandus

by Sophie Martin

Publié le 22 décembre 2025. Une étude approfondie révèle que les baleines et les dauphins du Pacifique sont de plus en plus affectés par des maladies et des traumatismes d’origine humaine, mettant en lumière la fragilité de ces écosystèmes marins.

Plus de 65 % des cétacés retrouvés échoués dans les eaux du Pacifique présentent des signes de maladies infectieuses ou de blessures liées aux activités humaines, selon une recherche menée sur près de deux décennies par des scientifiques de l’Université d’Hawaï à Mānoa. Ces découvertes soulignent l’urgence de mieux comprendre et protéger ces espèces vulnérables.

L’étude, basée sur l’analyse de 272 échouages représentant 20 espèces de cétacés entre 2006 et 2024, fournit des données cruciales pour la gestion et la conservation des baleines et des dauphins hawaïens. Les résultats ont été publiés dans la revue Maladies des organismes aquatiques.

« Les dauphins et les baleines sont de véritables indicateurs de la santé des océans. Il est impératif de comprendre les causes de leur mortalité pour mieux préserver l’ensemble de la vie marine », explique Kristi West, directrice du UH Health and Stranding Lab au College of Tropical Agriculture and Human Resilience.

La maladie, un facteur prépondérant

L’analyse des échouages a révélé que les maladies sont impliquées dans 62 % des cas. Près de la moitié de ces animaux souffraient déjà d’une condition physique affaiblie en raison de pathologies de longue durée. Les agents infectieux représentent une menace significative, touchant 11 espèces différentes, notamment les dauphins rayés et les baleines à bec de Longman.

Deux agents pathogènes suscitent une inquiétude particulière : le morbillivirus et la brucellose. Ces maladies peuvent provoquer de graves troubles neurologiques et respiratoires chez les mammifères marins. La toxoplasmose, un parasite transmis par les excréments de chats, a également été identifiée comme cause de décès chez un grand dauphin et deux dauphins à long bec.

Traumatismes liés aux activités humaines

L’étude met en évidence que 29 % des échouages sont liés à des traumatismes d’origine humaine. Les collisions avec des navires constituent un risque majeur, ayant entraîné des fractures vertébrales et crâniennes mortelles chez sept individus, dont deux cachalots pygmées, deux baleineaux à bosse, une baleine à bec d’oie, un dauphin à long bec et un dauphin rayé.

Les interactions avec les débris marins et les engins de pêche ont également été identifiées comme des causes de mortalité. Un cachalot est décédé suite à l’obstruction de son estomac par des déchets plastiques et des filets de pêche, tandis qu’un grand dauphin a succombé à de graves blessures infligées par un hameçon.

Nécessité de rapports publics

Dans les îles du Pacifique, la majorité des dauphins et des baleines meurent en mer, et les chances de les voir se rétablir sont faibles. Chaque analyse d’échouage fournit des informations précieuses aux acteurs concernés sur l’état de santé de ces animaux et de leur environnement. La publication de rapports sur ces échouages est essentielle pour mieux comprendre les menaces qui pèsent sur les mammifères marins.

Les observations de mammifères marins morts ou en détresse peuvent être signalées à la ligne d’assistance téléphonique pour la faune marine de la NOAA au (888) 256-9840 (numéro sans frais).

Plus d’informations : Kristi West et al, Cétacés des îles du Pacifique : examen des échouages de 2006 à 2024, Maladies des organismes aquatiques (2025). DOI : 10.3354/dao03877

You may also like

Leave a Comment