La transmission d’entreprise préoccupe les entrepreneurs asiatiques, mais se heurte à un manque de planification concrète, selon une étude récente. Si la majorité souhaite conserver l’entreprise dans le giron familial, plus de la moitié n’a pas mis en place de stratégie de succession formelle.
L’attachement à l’héritage familial est fort chez les entrepreneurs asiatiques. Une enquête menée auprès de 1 798 chefs d’entreprise fortunés, disposant d’au moins 2 millions de dollars (environ 1,85 million d’euros) d’actifs à investir, sur dix marchés d’Asie, révèle que 78 % souhaitent que leur entreprise reste une affaire de famille. Cependant, ce désir se confronte à une réalité plus complexe : 52 % des personnes interrogées n’ont pas encore pris de mesures concrètes pour assurer cette transmission.
Des disparités significatives existent entre les pays. L’Inde se distingue par un taux particulièrement élevé d’intention de succession familiale, atteignant 79 %. À l’inverse, Hong Kong, la Chine et Taïwan affichent une plus grande ouverture à la cession de l’entreprise.
En Chine continentale, à Taïwan et, dans une moindre mesure, à Singapour, la vente de l’entreprise est une option envisagée par 25 %, 27 % et 22 % des entrepreneurs respectivement. À Hong Kong, ce chiffre grimpe à 29 %. Cette tendance reflète une approche plus pragmatique de la succession.
L’étude met également en lumière des différences générationnelles. En Chine continentale, environ 60 % des propriétaires d’entreprise de deuxième et troisième génération se sentent tenus par un devoir familial de poursuivre l’activité, un sentiment bien moins répandu en Inde, où ce chiffre n’est que de 7 %.
Le manque de planification est particulièrement préoccupant. À Hong Kong et à Taïwan, 64 % et 65 % des entrepreneurs interrogés déclarent ne pas avoir de plan de succession concret en place. Les experts de HSBC mettent en garde contre les risques d’une telle situation, soulignant que de bonnes intentions ne suffisent pas à garantir la pérennité de l’entreprise.
« Une planification précoce et structurée est essentielle », explique Lok Yim, responsable régional de la banque privée mondiale pour la région Asie-Pacifique. Edith Ang, responsable du conseil familial pour l’Asie-Pacifique chez HSBC, préconise quant à elle un dialogue familial ouvert et l’exploration de stratégies hybrides combinant transmission familiale et participation externe.
Les entreprises familiales jouent un rôle crucial dans les économies asiatiques, représentant environ 50 % du produit intérieur brut (PIB) en Chine et 79 % en Inde. Les choix qui seront faits dans les années à venir, alors que les transitions patrimoniales s’accéléreront, auront un impact significatif sur le paysage entrepreneurial et la répartition des richesses dans la région.
Selon un rapport mondial plus large sur la richesse entrepreneuriale, HSBC note que plus de la moitié des entrepreneurs qui se retirent de leurs activités souhaitent rester actifs, en investissant, en encadrant ou en créant de nouvelles entreprises.
