Washington – La volonté affichée par l’ancien président américain Donald Trump d’acquérir le Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a refait surface, ravivant les tensions diplomatiques et soulevant des questions sur la sécurité arctique. Cette relance intervient à la veille de discussions organisées par le vice-président américain JD Vance avec des représentants danois et groenlandais.
Le 14 janvier, M. Trump a déclaré sans ambages que l’acquisition du Groenland par les États-Unis était une condition sine qua non pour la sécurité nationale américaine. Il a justifié cette position en affirmant que, sans le Groenland, la Russie ou la Chine pourraient prendre le dessus dans la région. Il a également appelé l’OTAN à « montrer la voie » pour parvenir à cet objectif, estimant que l’alliance atlantique serait « bien plus redoutable et efficace » avec le Groenland sous contrôle américain.
Cette initiative rappelle la proposition controversée de 2019, où M. Trump avait ouvertement envisagé d’acheter le territoire danois, riche en ressources minérales, notamment des terres rares, et stratégiquement important.
La réaction du Danemark n’a pas tardé. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a fermement rejeté toute tentative portant atteinte à la souveraineté danoise ou à l’autodétermination du Groenland, qualifiant de « totalement inacceptable » toute proposition allant dans ce sens. Il a toutefois souligné que le dialogue se poursuivait, tout en réaffirmant la position inflexible du Danemark et en balayant les craintes d’une menace russe ou chinoise imminente.
Du côté groenlandais, le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a été tout aussi catégorique : « Nous ne voulons pas appartenir aux États-Unis ». Cette position se traduit par un renforcement des liens militaires avec le Danemark, qui prévoit d’investir 2,1 milliards de couronnes danoises (environ 282 millions d’euros) dans la défense de l’Arctique d’ici 2025.
La réunion du 14 janvier entre JD Vance et les représentants danois et groenlandais avait pour objectif de discuter de la coopération en matière de sécurité. Bien qu’une acquisition du Groenland semble improbable sans un accord mutuel, la Maison Blanche n’a pas exclu la possibilité de mesures plus énergiques, ce qui contribue à maintenir un climat de tension.
Les habitants de Nuuk, la capitale groenlandaise, ont clairement exprimé leur opposition à toute vente, affirmant que l’île « n’est pas à vendre ».
Ce différend met en lumière les enjeux géopolitiques croissants dans l’Arctique, où les États-Unis considèrent la position du Groenland comme cruciale pour la défense antimissile et l’accès aux ressources naturelles. Les sondages d’opinion aux États-Unis révèlent que seulement 17 % des Américains soutiennent les efforts de M. Trump, avec une opposition bipartite à l’utilisation de la force. Le Danemark, quant à lui, se positionne comme un défenseur de la souveraineté et des valeurs internationales.
Les déclarations de M. Trump interviennent dans un contexte de renforcement de l’OTAN, mais les questions de souveraineté actuelles amènent les experts à remettre en question l’efficacité d’une telle approche.
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