Publié le 16 juin 2025 à 14h30. Face à une escalade des tensions avec l’Iran et à la crainte d’un affrontement direct, les États-Unis ont discrètement réduit leur présence militaire au Qatar, tout en avertissant Téhéran de représailles en cas d’attaque contre leurs intérêts dans la région.
- Les États-Unis ont commencé à retirer une partie de leur personnel de la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar, leur plus grande installation militaire au Moyen-Orient.
- L’Iran a menacé de riposter par des attaques contre les installations américaines si Washington lance une offensive.
- Le Qatar a confirmé un retrait partiel du personnel américain, invoquant les tensions régionales actuelles.
Dans un contexte de tensions croissantes, l’administration américaine a ordonné un « ajustement de la posture » de ses forces au Moyen-Orient, en retirant discrètement une partie de son personnel de la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar. Cette base, qui abrite le quartier général avancé du Commandement central (Centcom), est la plus importante installation militaire américaine de la région. Selon des sources diplomatiques citées par Reuters, il ne s’agit pas d’une évacuation massive, contrairement à des mouvements similaires observés l’année dernière avant une attaque iranienne de représailles.
Le Qatar a confirmé ce retrait partiel dans un communiqué, expliquant qu’il répond aux « tensions régionales actuelles » et assurant que les autorités mettent en œuvre « toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des citoyens et des résidents ». Le gouvernement qatari a également souligné qu’il prend des mesures pour la « protection des infrastructures critiques et des installations militaires ». Ni l’ambassade américaine à Doha ni le ministère qatari des Affaires étrangères n’ont fourni de détails supplémentaires.
Parallèlement à ce retrait, des mouvements de chasseurs F-22 Raptor ont été détectés dans les bases voisines. Washington maintient également des forces stratégiques déployées dans tout le Golfe, notamment le quartier général de la Cinquième Flotte à Bahreïn et diverses installations dans les pays alliés.
La décision américaine intervient après un avertissement direct de Téhéran. Un haut responsable iranien a déclaré que toute attaque de Washington contre le territoire iranien déclencherait des représailles immédiates contre les bases américaines au Moyen-Orient. Ce message a été transmis aux pays accueillant des troupes américaines – notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Turquie – avec l’exigence d’empêcher toute offensive lancée depuis leur sol, sous peine de devenir des cibles pour les missiles iraniens.
Le président iranien du Parlement, Mohamed Bagher Ghalibaf, a publié ce mardi un message particulièrement ferme :
« Si les États-Unis attaquent, nous mettrons le feu à la région. »
Mohamed Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien
Il a ajouté que les navires américains, les bases militaires américaines au Moyen-Orient et sur le territoire israélien deviendraient des « objectifs légitimes » en cas de conflit ouvert.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également attaqué Israël, l’accusant de chercher à « entraîner les États-Unis dans des guerres en son nom ». Il a affirmé que, « maintenant que nos rues ont été ensanglantées », Tel Aviv « dit ouvertement et fièrement qu’elle a armé les manifestants avec des armes de guerre », ce qui, selon lui, expliquerait le nombre élevé de morts enregistrés. Il a appelé le président Trump à enquêter sur cette question.
Un conseiller du guide suprême iranien, Ali Khamenei, a averti le président Trump que Téhéran avait démontré sa capacité à répondre à une agression, rappelant l’attaque de juin contre une base américaine au Qatar. Il a souligné que cette attaque démontrait « la volonté et la capacité de l’Iran à répondre à toute attaque ».
Les avertissements iraniens visent à dissuader directement le président Donald Trump, qui a promis d’agir « très fermement » si l’Iran procède à l’exécution des manifestants détenus.
« Si vous les pendez, vous allez voir certaines choses. »
Donald Trump, président des États-Unis
Il a également exhorté les Iraniens à poursuivre les manifestations et à prendre le contrôle des institutions, leur assurant que « l’aide est en route ».
Selon une évaluation israélienne citée par Reuters, Trump aurait déjà décidé d’intervenir, bien que la portée et le calendrier de cette action restent incertains. À Téhéran, ce langage est interprété comme une menace directe et alimente la peur d’une confrontation ouverte.
En parallèle, les voies diplomatiques semblent se refermer. Des responsables iraniens ont confirmé que les contacts directs entre le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff ont été suspendus, dans un contexte de méfiance croissante et de risques d’erreurs de calcul.
Sources : Reuters, AP, ANSA et AFP